• SC 376

    Origène

    Commentaire sur le Cantique des Cantiques, tome II
    Livres III-IV

    mars 1992

    Texte de la version latine de Rufin. — Traduction et notes par Luc Brésard, o.c.s.o., et Henri Crouzel, s.j., avec la collaboration de Marcel Borret, s.j.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Œuvre d'Orient.
    ISBN : 9782204045131
    333 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    La fine pointe de l'enseignement spirituel et exégétique du génial Origène, dans les années 240.

    Présentation

    Le Cantique des Cantiques passe pour le chef d’œuvre de la Bible. Soit pour l’exégèse juive qui l’interprète comme un chant de l’amour réciproque de l’assemblée du peuple choisi et de son Dieu. Soit pour l’exégèse chrétienne qui le transpose, à la lumière du Nouveau Testament, en un chant de l’amour réciproque de l’Église et du Christ, ou de l’âme et du Verbe. On connaît l’appréciation de saint Jérôme : « Origène, alors que dans tout le reste de ses livres il a surpassé tous les auteurs, dans le Cantique des Cantiques s’est surpassé lui-même. » Avec nombre d’expressions et certains thèmes comme ceux du mariage mystique, de la blessure d’amour, ou de la naissance et la croissance du Christ dans l’âme, il est regardé comme l’ancêtre d’au moins deux douzaines de commentateurs.

    Luc Brésard, o.c.s.o. (1924-2012), moine de Cîteaux, Henri Crouzel, s.j. (1919-2003), professeur à l’Institut Catholique de Toulouse et à l’Université Grégorienne de Rome, et Marcel Borret, s.j. († 1994) ont, chacun, œuvré à de nombreux volumes d’Origène dans la collection Sources Chrétiennes.

    Le mot du directeur de Collection

    Après Hippolyte, Origène est le second auteur chrétien à commenter le Cantique des cantiques. Nous avons aussi de lui deux homélies (SC 37bis), sans parler d’un petit commentaire de jeunesse perdu, mais il s’agit ici d’un commentaire savant, linéaire, qui s’arrête pour nous à Ct 2, 15. Origène avait écrit 10 livres, dont les cinq premiers l’ont été à Athènes, lors d’un séjour vers 240, et les cinq derniers à son retour à Césarée. Seuls les trois premiers et le début du quatrième sont conservés, grâce à Rufin qui en a fait une traduction latine peut-être à la fin de sa vie, raison pour laquelle il n’aurait pas pu l’achever. Nous avons quelques fragments grecs (Philocalie et surtout chaîne de Procope, qui résume beaucoup).

    Origène est notamment le premier auteur à voir dans la relation entre le Bien-Aimé et la Bien-Aimée du Cantique non seulement l’image de la relation du Christ et de l’Église, mais aussi du Christ et de l’âme du croyant, sans que ces deux lectures s’opposent car l’âme fait partie de l’Église et son amour du Bien-Aimé revivifie celui de l’Église.

    La traduction de Rufin, bien recopiée, a permis à l’œuvre d’Origène d’être lue et appréciée, plus encore en occident qu’en Orient, via notamment Ambroise et Grégoire le Grand. Son commentaire inspirera le Moyen Age occidental, en particulier Bernard et Guillaume de Saint-Thierry. De même, tous les Pères grecs qui ont commenté le Cantique après lui, lui sont redevables.

    Cet ouvrage est le fruit d’une collaboration amicale. Au frère L. Brésard de Cîteaux en revient l’initiative, pour rendre accessible à sa communauté, à son Ordre et à l’Église ce livre de lecture spirituelle dont s’était nourri le Moyen Âge. Le père H. Crouzel, par l’introduction et des notes théologiques et techniques, offrit la garantie de sa haute compétence, qu’attestent de 1955 à nos jours l’enseignement à Toulouse et à Rome, des interventions à maints congrès et colloques, la rédaction d’une vingtaine d’importants ouvrages et de nombreux articles. On demanda une révision totale de l’œuvre et des additions au père M. Borret, connu par son effort pour faire revivre tant le docteur génial, auteur de la plus importante apologie anténicenne, le Contre Celse, que le prédicateur, prêtre parmi les autres entre les évêques et les fidèles, dans les Homélies sur le Lévitique, sur l’Exode, sur Ézéchiel, plus qu’ailleurs accessible et fraternel.

    Bernard Meunier

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Commentaire sur le Cantique des Cantiques III-IV

    Ce volume 2 contient le livre 3 et ce qui reste du livre 4, Rufin ayant laissé inachevé son travail de traducteur. Le livre 3 couvre Ct 1, 15 - 2, 9. L’éloge fait par l’époux manifeste la progression de l’épouse dans l’intelligence spirituelle, la colombe symbolisant l’Esprit. La beauté du Bien-Aimé est perçue par l’âme qui le regarde avec des yeux spirituels, qui considère son propre corps comme la couche du Verbe. Symbolique ecclésiale des solives et des poutres. Le lis de la vallée est l’époux immaculé, sa compagne est l’église issue des infidèles. La pomme, fruit de la Sagesse ; les bois de la forêt, symbole des hérétiques ; l’ombre du Christ supérieure à l’ombre de la loi. L’âme désire le vin de la Sagesse ; l’Eglise, lieu du festin. Ordonner la charité : les degré de l’amour doivent correspondre à leur objet ; dans le corps de l’église les membres ont différents statuts. L’épouse blessée veut être entourée de pommes, qui sont les âmes renouvelées à l’image du Fils de Dieu. Les mains de l’époux : Sagesse et éternité. Ne pas réveiller la charité : aimer Dieu autant qu’il veut être aimé. La voix du Bien-Aimé l’a fait reconnaître de loin, par-dessus les montagnes que furent les prophètes ; on l’entend dans les textes de l’écriture que l’on scrute ; il est avec nous, mais parfois absent. Il vient en surgissant des écritures, parfois aussi des saints parmi nous. Chevreuils et cerfs font partie des réalités visibles qui renvoient à l’invisible ; leur sens spirituel dans l’écriture. L’époux approche, par les fenêtres qui sont les yeux, par les treillis des signes visibles ; il s’approche de l’âme à l’abri dans les murs de la doctrine.

    Le livre 4 inachevé commente Ct 2, 10-15. La description du printemps fournit l’occasion d’un développement sur l’hiver spirituel, celui des plaies d’Israël, auquel succède le printemps de l’église ; tout s’éveille à la venue du Verbe, la nature porte son fruit comme l’assemblée des justes son fruit spirituel ; les vignes symbolisent aussi les anges ; la résurrection est signifiée dans Lève-toi. L’âme est invitée à dépasser l’avant-mur, tout ce qui est temporel, tout en restant sous le voile de la pierre, le roc qu’est le Christ. Ainsi elle voit le visage du Verbe. L’Eglise, pour sa part, sort d’Israël et s’avance vers l’époux tout en restant à l’abri des tentations, jusqu’à l’avant-mur qui est le siècle futur. Enfin, les renards sont les démons pour l’âme, les hérétiques pour l’église ; mais ils s’en prennent aux fleurs naissantes, l’âme éprouvée ne les craint plus.

    Extrait(s)

    III, 8, 13-14, sur Ct 2, 5 (SC 376, p. 575)

    Je suis blessée de charité. S’il est quelqu’un quelque part qui a été parfois consumé par cet amour fidèle du Verbe de Dieu, s’il est quelqu’un, comme dit le prophète, qui a reçu la douce blessure de sa flèche de choix, s’il est quelqu’un qui a été percé par l’aimable trait de sa science au point de soupirer de désir vers lui jour et nuit, de ne pouvoir parler de rien d’autre, de ne vouloir entendre rien d’autre, de ne savoir penser à rien d’autre, de ne prendre plaisir à désirer, souhaiter, espérer rien d’autre que lui, cette âme dit avec raison : Je suis blessée de charité ; elle a reçu la blessure dont parle Isaïe : Il a fait de moi comme une flèche de choix, et il m’a caché dans son carquois (Is 49, 2).

    Il convient que Dieu frappe les âmes d’une telle blessure, les perce de telles flèches et tels traits, les meurtrisse par des blessures salutaires, afin, puisque Dieu est charité, qu’elles disent elles aussi : Je suis blessée de charité.

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