• SC 539

    Origène

    Commentaire sur l'Épître aux Romains. Tome II, livres III-V

    septembre 2010

    Texte critique établi par Caroline P. Hammond Bammel. — Introduction par Michel Fédou, s.j. — Traduction, notes et index par Luc Brésard, o.c.s.o.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    Révision assurée par Dominique Gonnet.
    ISBN : 9782204094177
    542 pages
    Sur une crète périlleuse, Origène chemine avec saint Paul entre liberté et grâce, foi et œuvres.

    Présentation

    Avec cet ouvrage se poursuit la publication du Commentaire sur l'Épître aux Romains d'Origène, composé à Césarée vers 243, et traduit par Rufin d'Aquilée dans les années 405-406. Après les livres I et II (SC 532), le présent volume donne accès aux livres III, IV et V, qui expliquent la section allant de Rm 3,5 à Rm 6,10.

    Origène se montre soucieux de suivre pas à pas le texte de l'épître, n'éludant aucune difficulté de ce texte, s'efforçant au contraire d'en éclairer les passages les plus difficiles — et cela sans se départir d'un profond respect pour les mystères dont Paul se fait l'interprète, tel le serviteur prudent à qui ont été dévoilées les chambres secrètes d'un palais. L'explication du texte paulinien le conduit à développer sa pensée sur des thèmes aussi fondamentaux que la loi, le péché, la justification, la foi, les œuvres ou le baptême.

    La crise pélagienne devait plus tard conduire à une intense réflexion sur ces thèmes majeurs. Il est d'autant plus précieux de découvrir l'interprétation qui en avait été donnée par l'Alexandrin en son propre temps et qui prenait une nouvelle actualité à l'époque où Rufin traduisait cette œuvre en latin. Origène est particulièrement attentif aux différents sens du mot « loi » dans le texte de l'épître. De plus, même s'il donne toute leur place aux questions du péché et de la justification, il est conscient de ce qu'elles prennent sens dans la perspective globale de l'écrit paulinien — celle d'une réflexion sur la destinée d'Israël et des nations. Par là même, le Commentaire ne témoigne pas seulement d'une réelle originalité dans l'histoire de la tradition, mais surtout d'une attention très juste au dessein de Paul dans l'ensemble de l'épître.

    Michel Fédou, jésuite, agrégé de Lettres, enseigne au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris. Il est l’auteur de plusieurs publications sur Origène. Luc Brésard, o.c.s.o., est moine de l’Abbaye de Cîteaux. Il a contribué à l’édition du Commentaire sur le Cantique des cantiques et des Homélies sur les psaumes 36 à 38.

    Le mot du directeur de Collection

    Le commentaire contenu en ce second volume du Commentaire sur l’Épître aux Romains (livres III-V) va de Rm 3, 5 à Rm 6, 11 : péché des hommes et justice de Dieu, justification par la foi, sens du mot « loi » dans l'épître, foi parfaite d'Abraham, péché d'Adam et solidarité des humains dans le péché, baptême... Pour ne relever qu'un passage célèbre, Origène déclare en commentant Rm 5, 12 que c'est la mort du péché (la mort qu'est le péché, comme conséquence physique ou comme marque spirituelle) qui est passée d'Adam à tous les hommes, non la culpabilité.

    Selon une méthode qu'il aime, Origène va chercher des textes des évangiles qui illustrent et confirment l'enseignement de Paul. Par exemple, le salut par la foi sans les œuvres : regardons le bon larron, il lui a suffi d'un cri de foi vers Jésus, l'évangile ne rapporte de lui aucune bonne œuvre, et Jésus se l'est adjoint pour compagnon au paradis, sans s'enquérir de son passé (III, 6). Même chose avec la pécheresse pardonnée : Ta foi t'a sauvée. En III, 8, Origène réfléchit sur une apparente contradiction de Paul, qui dit en 2 Co 3, 7-11 que la Loi est destinée à être détruite, et en Rm 3, 31 : Nous n'annulons pas la Loi, nous la confirmons. Il fait remarquer le passif de 2 Co : ce tour, connu des exégètes sous le nom de « passif divin », montre qu'il n'appartient qu'à Dieu de détruire la Loi, les hommes ne peuvent d'eux-mêmes en décréter la fin (même le Christ ne l'a pas fait). La foi ne détruit pas la Loi, affirme Origène. Voilà une piste de discussion intéressante entre juifs et chrétiens, ces derniers ayant souvent professé que la Loi juive était caduque et que les juifs restaient attachés par erreur à des insignifiances.

    Bernard Meunier

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Livre III : Rm 3, 5-31. Injustice des hommes, justice et colère de Dieu ; vérité de Dieu et mensonge des philosophes païens. Quand il dit que tous sont pécheurs, Paul suit les psaumes. Qui est juste devant Dieu ? La loi naturelle fait connaître le bien, la Loi de Moïse manifeste la justice de Dieu ; cette justice se montre pleinement dans l’âme du Christ qui est propitiation pour les péchés du monde ; la foi seule nous justifie et nous donne la grâce pour accomplir les œuvres ; « de » la foi et « par » la foi ; la foi ne détruit pas la Loi, elle l’établit.

    Livre IV : Rm 4, 1 – 5, 11. Les œuvres nous justifient devant les hommes, la foi nous justifie devant Dieu ; la foi d’Abraham ; la foi comptée comme justice ; la foi justifie sans la circoncision ; le signe et le sceau ; la foi fait fils d’Abraham ; la Loi rend coupable ; la grâce nous rend le bien plus intérieur que ne fait la Loi ; foi et espérance d’Abraham, qui a le Christ dans sa descendance ; la justice d’Abraham et notre justice ; la foi engendre la paix et l’espérance de la gloire, gloire du Christ, venant du Père et promise à nous ; peut-on se glorifier dans les afflictions ? Oui, car elles produisent les vertus : patience, espérance, charité ; la bonté du Christ qui a donné sa vie peut susciter la nôtre jusqu’au martyre ; le Christ nous sauve de la colère à condition de croire ; en nous réconciliant il nous rend l’amitié de Dieu.

    livre V : Rm 5, 12 – 6, 11. Origène commente entre autres toute la section sur le péché d’Adam. Remarque préliminaire : le récit du péché arrive après celui de la réconciliation. Paul parle de tout le genre humain ; il parle à mots couverts ; histoire du péché ; Adam contient tous les humains ; entrée du péché dans le monde, c’est-à-dire dans les hommes terrestres ; le péché était comme mort avant la loi naturelle, ou avant l’âge de raison des humains ; ensuite, d’Adam à Moïse le péché a régné, et avec lui la mort ; jusqu’à Moïse, c’est-à-dire pendant tout le temps de la Loi, jusqu’au Christ ; qu’est-ce que la ressemblance de la transgression d’Adam ; Adam figure de l’à-venir : par le Christ c’est la vie qui règne. De même qu’en Adam la mort n’a pas régné sans notre complicité, avec le Christ la vie ne régnera pas sans notre participation vertueuse. La grâce est plus forte que le péché, mais nous sommes en guerre. Par un seul la condamnation : quelle condamnation ? être constitué pécheur, être constitué juste. Péché, loi naturelle, grâce du Christ. être mort au péché ; la mort abolie dans le Royaume. Théologie du baptême : renaître d’en haut, être baptisé dans la mort du Christ, enseveli avec lui, pour une vie renouvelée. Sens des expressions : être un même plant, ressemblance de la mort, corps de péché ; résurrection accomplie et à venir. Les différentes morts ; le Christ et la mort ; l’anéantissement du Christ et la défaite de la mort : plus besoin d’un nouveau combat du Christ dans le monde futur où le libre arbitre se tient dans la charité et ne peut plus faillir : tout le monde vit pour Dieu dans le Christ.

    Extrait(s)

    (III, 8, 2-3 p. 165-167)

    Il vaut pourtant la peine de voir comment il déclare qu’il confirme la loi, lui qui avait dit plus haut que l’homme ne sera pas justifié par les œuvres de la loi. Le Sauveur dit dans l’Évangile : Moïse a écrit à mon sujet. Celui donc qui ne croit pas au Christ au sujet duquel Moïse a écrit, détruit la loi ; mais celui qui croit au Christ au sujet duquel Moïse a écrit, confirme la loi par la foi par laquelle il croit au Christ. Mais nous parlons d’une foi au Père, au Fils et au Saint Esprit, d’une foi exacte, pleine, parfaite, qui ne reconnaît dans la Trinité rien de différent, de discordant ou d’étranger. Car Marcion qui dit qu’autre est le Dieu de la loi, autre le Père du Christ, n’établit pas la loi par sa foi ; il ne la confirme pas, mais il détruit la loi. Hébion aussi le fait, lui et tous ceux qui ont introduit quelque altération dans la foi catholique. Moi, j’ajouterai encore avec raison que quiconque croit au Christ, agit bien et se préserve de toute tache de péché, confirme la loi de Dieu en vivant bien. Au contraire, celui qui est poussé dans l’abîme des péchés en s’adonnant aux vices, sans être retenu par le moindre regret, celui qui est souillé par la fréquence de ses crimes, n’établit pas la loi par sa foi, même s’il semble croire au Christ, mais il détruit la loi.

    (IV, 5, 11, p. 249)

    Faisons bien attention à ceci : comme l’on dit que ceux qui honorent les idoles et se confient en elles, leur deviennent semblables, ainsi ceux qui honorent le vrai Dieu et mettent en lui leur confiance, lui deviennent-ils semblables. Et c’est sans doute pour cela qu’aux origines, lorsque Dieu se proposa de faire l’homme à son image et à sa ressemblance, il fut fait à l’image de Dieu, mais la ressemblance fut différée pour que l’homme commence à se confier en Dieu, et ainsi lui devienne semblable, et pour qu’il apprenne lui-même que devient semblable à Dieu tout homme qui se confie en lui.

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