• SC 384

    Grégoire de Nazianze

    Discours 42-43

    octobre 1992

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Jean Bernardi.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique et de l'Œuvre d'Orient.
    ISBN : 9782204045957
    325 pages
    La foi, l’Église, l’amitié : « le Théologien » dit adieu au concile de Constantinople et à son grand ami Basile.

    Présentation

    En abandonnant le siège épiscopal de Constantinople, Grégoire de Nazianze n’a prononcé aucun discours devant les membres du deuxième concile œcuménique qu’il présidait. Plus tard cependant, il composera un discours d’adieu qui porte le numéro 42 dans la classification des Mauristes. On y trouve un écho des critiques virulentes de l’épiscopat contemporain qu’expriment nombre de poèmes.
    L’Oraison funèbre de saint Basile (Discours 43), où l’auteur présente dans la personne de son ami un modèle d’évêque sans pour autant l’idéaliser, forme diptyque avec le précédent.

     

     

    Jean Bernardi est professeur émérite de Patristique grecque à la Sorbonne (Paris IV).

    Le mot du directeur de Collection

    Les Discours 42-43 (SC 384), que vient d'éditer J. Bernardi, à qui nous devons déjà l'édition des Discours 1-3 (SC 247) et 4-5 (SC 309), sont d'une tonalité fort différente et sembleraient n'avoir rien de commun, s'ils ne nous proposaient de la fonction épiscopale deux images antithétiques, l'une négative, l'autre positive. Le Discours 42 est un discours d'adieu, composé par Grégoire après son départ de Constantinople, lorsqu'il eut quitté une assemblée conciliaire d'évêques occupés, dira-t-il avec amertume et ironie, « à jacasser comme une troupe de geais », et prêts « à s'élancer, comme des guêpes, droit au visage, tous à la fois ». Comme pour faire contraste avec le spectacle de ces évêques, divisés par des intérêts partisans et qui mettent en danger l'orthodoxie, Grégoire trace, dans le Discours 43 où il fait l'éloge funèbre de son ami Basile, le portrait exemplaire du bon évêque. C'est par ailleurs l'un des discours les plus attachants de Grégoire, dont l'émotion est visible lorsqu'il évoque cet ami d'exception, avec qui il partageait, depuis leur rencontre et leurs études à Athènes, le même idéal de vie.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Discours 42-43

    Les Discours de Grégoire le Théologien, modèle d’éloquence pour les Byzantins, sont transmis à travers plusieurs collections, dont une collection liturgique et des collections dites « complètes ». Le corpus, tel qu’édité aux tomes 35-36 de la Patrologie grecque, comprend 45 pièces. L’édition des Discours 42-43 aux Sources Chrétiennes est fondée sur un choix de 11 manuscrits, du ixe au xie s.

    Les Discours 42-43, faisant tous deux partie du recueil liturgique, offrent de la fonction épiscopale deux images antithétiques, l’une négative, l’autre positive. Le Discours 42 est un discours d’adieu (sunaktèrios), composé par Grégoire après son départ de Constantinople, lorsqu’il eut quitté une assemblée conciliaire d’évêques occupés, dit-il avec amertume et ironie, « à jacasser comme une troupe de geais » et prêts « à s’élancer comme des guêpes, droit au visage, tous à la fois ».

    Contrastant avec le spectacle de ces évêques, divisés par des intérêts partisans et mettant en danger l’orthodoxie, le volumineux Discours 43 trace, avec l’éloge funèbre de son ami Basile, le portrait exemplaire du bon évêque. Prononcé peut-être le 1er janvier 382, biographiquement parlant c’est un des discours les plus riches de Grégoire. C’est un véritable éloge de l’amitié qu’il exprime de manière vibrante, quoique contrastée, à propos de celui avec lequel il partageait, depuis leur rencontre et leurs études à Athènes, le même idéal de vie « philosophique ».

    Extrait(s)

    Voici dans quels termes Grégoire loue son ami Basile (Discours 43, § 13, p. 147) :

    « Pour lui, l’éloquence n’était qu’un accessoire : tout ce qu’il en retirait ne visait qu’à en faire une auxiliaire de notre philosophie, puisqu’on a besoin de la force que recèle l’éloquence pour mettre ce que l’on conçoit en évidence. Une idée non exprimée n’est que mouvement de paralytique. Tout son intérêt allait à la philosophie, à la séparation du monde et à l’union à Dieu, en gagnant les biens d’en haut au prix de ceux d’ici-bas et en gagnant au prix de ce qui est instable ce qui est stable et qui demeure. »

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