• SC 208

    Grégoire de Nazianze

    Lettres théologiques

    décembre 1974

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Paul Gallay avec la collaboration de Maurice Jourjon.

    Réimpression de la première édition revue et corrigée (2013)
    ISBN : 9782204036139
    116 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    En quelques petites pages, une leçon de théologie qui anticipa ou inspira bien des conciles.

    Présentation

    Transmises par les manuscrits des Discours, et non par ceux de la Correspondance, ces trois lettres ont été rapprochées en raison de leur caractère de traités dogmatiques. Adressées au prêtre Clédonios, les Lettres 101 et 102 sont du reste appelées « Discours » dans certains manuscrits, et c’est parmi les Discours qu’elles figurent, avec la Lettre 202, dans les éditions antérieures à celle des Mauristes. La richesse de leur tradition manuscrite atteste leur diffusion et l’importance dogmatique qui leur a été reconnue.
    Ces « lettres théologiques » visent essentiellement l’hérésie d’Apollinaire et dénonce sa vision réductrice de l’Incarnation, qui prive le Christ d’une humanité complète. Avec une grande sûreté, Grégoire le Théologien parvient à mettre en évidence la réalité et la plénitude de l’humanité du Christ, tout en maintenant avec force l’unité de sa personne.

    Paul Gallay, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de l’Université Catholique de Lyon, est bien connu pour ses travaux sur Grégoire de Nazianze dont il a édité, seul ou en collaboration, plusieurs Discours dans Sources Chrétiennes (SC 250, 318, 358) ainsi que le corpus des Lettres dans la Collection des Universités de France et le Corpus de Berlin.
    Maurice Jourjon, doyen honoraire de la Faculté de Théologie de Lyon, a rédigé la partie théologique de l’Introduction à ces trois lettres.

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Lettres 101 et 102 (au prêtre Clédonios) / Lettre 202 (à Nectaire de Constantinople)

    Dans la collection des Lettres de Grégoire de Nazianze, on en a isolé trois (Lettres 101, 102, 202 dans la numérotation mauriste reproduite par Migne), les deux premières adressées au prêtre Clédonios, la dernière à Nectaire, évêque de Constantinople, à cause de leur contenu théologique remarquable, qui les a depuis l’origine, semble-t-il, fait recopier avec les Discours et non avec le reste de la correspondance. On les trouve donc, ensemble, à la fin des manuscrits des Discours, qui se répartissent en deux familles du point de vue du contenu et de l’ordre des pièces. Les Lettres de Grégoire de Nazianze sont publiées dans la Collection des Universités de France, à l’exception de ces trois Lettres théologiques.

    Elles traitent de l’apollinarisme et datent des dernières années de la vie de Grégoire, après son retour de Constantinople à Nazianze, au milieu de l’année 381, avant la fin du second concile œcuménique. Les deux premières (Lettres 101 et 102), les plus longues, adressées au prêtre Clédonios qui administre le diocèse de Nazianze après la mort de Grégoire l’Ancien (374), ont été écrites probablement peu après son retour entre le milieu de 381 et l’automne 382 ; des apollinaristes s’y font passer pour orthodoxes, et Grégoire veut alerter son interlocuteur sur leur hérésie. La Lettre 202, adressée à Nectaire, le successeur de Grégoire sur le siège de Constantinople, est plus tardive (vers 387). Elle met en garde de la même manière l’évêque de la capitale, Grégoire craignant apparemment que les disciples d’Apollinaire ne jouissent d’une totale liberté de réunion et de propagande ; Grégoire y presse Nectaire d’intervenir auprès de l’empereur pour que des mesures soient prises contre eux : l’édit de Théodose de 388 (C. Th. XVI, 5, 14) sera peut-être une conséquence de cette lettre. Ces trois textes permettent une entrée dans la christologie de Grégoire, à côté de sa théologie trinitaire mieux connue.

    La lettre 101 prévient Clédonios que les apollinaristes prétendent faussement avoir été blanchis par un synode romain, alors qu’ils restent condamnés. Leur homme Jésus, qu’ils appellent « homme seigneurial », est selon eux sans intelligence humaine, né selon un processus hors norme où du divin se serait mélangé à de l’humain, d’où une humanité incomplète. Grégoire insiste sur la distinction : on doit penser à part l’humain et le divin dans le Christ. Mais le divin n’est pas présent en Jésus par simple grâce comme dans un prophète, il est vraiment uni à lui. L’humain, dans le Christ, suit ses lois propres sans que la présence du Verbe en fasse une humanité monstrueuse ou mutilée – ce qui serait le cas si Jésus n’avait d’intelligence que celle du Verbe, et était privé de son intelligence d’homme : il a assumé notre intelligence car elle avait aussi besoin d’être sauvée. La lettre 102 au même Clédonios revient sur la même erreur et redresse l’interprétation faite par les apollinaristes de certains versets scripturaires. Quant à la lettre 202 à Nectaire, assez brève, elle fait une simple revue des hérésies du temps (ariens, macédoniens, eunomiens, apollinaristes) pour attirer l’attention de Nectaire sur un enseignement apollinariste voulant, apparemment, que la chair du Christ soit d’origine céleste et incréée, et aussi l’idée, peu claire, que le Verbe est mort avec sa chair. Grégoire demande à Nectaire d’intervenir auprès de l’empereur pour empêcher les apollinaristes d’enseigner en toute liberté leur hérésie.

    Extrait(s)

    (Lettre 101, 72-73, SC 208, p. 69) :

    « Si quelqu’un nous méprise en nous jugeant indigne de toute considération, s’il accourt au contraire vers de tels hommes et déchire le vénérable corps de l’église, celui-là, quel qu’il soit, portera sa propre sentence (Ga 5, 10) et rendra compte à Dieu au jour du jugement (Mt 12, 36). Si on considère comme le troisième Testament les longs discours, les Psautiers nouveaux et contradictoires de celui de David ainsi que le charme des vers, nous aussi, nous composerons des Psaumes et nous rédigerons de multiples écrits et quantité de vers, car nous croyons, nous aussi, avoir l’Esprit de Dieu (1 Co 7, 40), si toutefois c’est là une grâce de l’Esprit et non une manie humaine d’innovation. »

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