• SC 270

    Grégoire de Nazianze

    Discours 20-23

    janvier 1980

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Justin Mossay, avec la collaboration de Guy Lafontaine.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
    ISBN : 9782204015400
    325 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    Théologie, orthodoxie et paix de l'Église : beau menu pour ces 4 discours du « Démosthène chrétien ».

    Présentation

    Probablement composé à Constantinople, où Grégoire a été appelé au cours de l’hiver 379/380 pour être l’évêque de la petite communauté de nicéens – l’Église officielle est arienne –, le Discours 20, un premier « discours théologique », traite de la fonction de théologien et de l’objet de la théologie. Le Discours 21 appartient au genre de l’éloge et célèbre en Athanase d’Alexandrie le champion de l’orthodoxie nicéenne. Les Discours 22 et 23, rangés avec le Discours 6 sous le titre de Discours iréniques, prêchent la charité et la réconciliation entre chrétiens, tout en mettant en garde contre les risques d’hérésie en matière de théologie trinitaire.

    Le mot du directeur de Collection

    Probablement composé à Constantinople, où Grégoire a été appelé au cours de l’hiver 379/380 pour être l’évêque de la petite communauté de nicéens – l’Église officielle est arienne –, le Discours 20, un premier « discours théologique », traite de la fonction de théologien et de l’objet de la théologie. Le Discours 21 appartient au genre de l’éloge et célèbre en Athanase d’Alexandrie, le champion de l’orthodoxie nicéenne. Les Discours 22 et 23, rangés avec le Discours 6 sous le titre de Discours iréniques, prêchent la charité et la réconciliation entre chrétiens, tout en mettant en garde contre les risques d’hérésie en matière de théologie trinitaire.

     

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Discours 20-23

    Les Discours de Grégoire le Théologien, modèle d’éloquence pour les Byzantins, sont transmis à travers plusieurs collections, dont une collection liturgique (comprenant le n°21) et des collections dites « complètes ». Le corpus, tel qu’édité aux tomes 35-36 de la Patrologie grecque, comprend 45 pièces. L’édition des Discours 20-23 aux Sources Chrétiennes est fondée sur un choix de 10 manuscrits, du ixe au xie s., sans compter la traduction latine que Rufin a faite du n°27.

    Le Discours 20, intitulé « Sur la théologie et l’installation des évêques », a été prononcé le 2 ou le 4 octobre 379. L’auteur pose comme préalable à la théologie la purification personnelle, avant de formuler la foi en la Trinité, à la fois opposée aux sabelliens et aux ariens. Il distingue l’engendrement éternel du Fils de la génération humaine et de la création par le Père, en concluant sur le mystère divin dépassant la raison humaine.

    Le Discours 21, « En l’honneur d’Athanase, évêque d’Alexandrie », a peut-être été prononcé au printemps 380. À la fois contemplatif et actif, Athanase est présenté comme un condensé de la vertu chrétienne et, à travers sa vie, retracée à grands traits, un modèle de prêtre, d’adversaire à l’arianisme et même de médiateur doctrinal entre Orient et Occident.

    Le Discours 22, ou « 3e discours sur la paix » (le 1er est le n°6), a été prononcé (fin 380 ?) en vue de réduire une dissension doctrinale à Constantinople. Commençant par un éloge de la paix, bien le plus précieux pour les hommes, l’auteur dénonce la discorde entre chrétiens, due à l’inconstance et à la subjectivité des jugements. Il invite à se concentrer sur l’essentiel de la foi, mise à mal par les sabelliens et les apolinaristes et à garder un esprit de concorde.

    Alors que les nos 20-22 ont été prononcés entre 379 et 381, le Discours 23, ou « 2e discours sur la paix », a peut-être été prononcé à Nazianze en 364, à un moment où l’arianisme venait à nouveau troubler la communauté. Mue par la charité, l’unité des chrétiens vient d’une même foi, non de l’attachement à des chefs ; le spectacle d’un père et d’un fils siégeant côté à côté atteste le retour de la paix. Alors que les hérétiques ont des opinions opposées entre elles, les orthodoxes sont unis par la foi en la Trinité, dont le Père est le principe et dont les personnes sont égales ; contrairement à celui des hommes, l’engendrement du Fils est exempt de passion. L’unité, en tant qu’œuvre de la Trinité, reste étrangère à l’esprit de division des hérétiques.

     

    Extrait(s)

    Dans le Discours 21, § 35 (p. 185-187), le Théologien explique non seulement pourquoi il est isolé, mais comment pour lui les Grecs, à la différence des Latins, se sont divisés en vain sur l’usage des mots essence et hypostase :

    « Ce n’est pas seulement tout ce qui est impie qui s’écarte de nous, mais encore l’élite de la piété ; et pas seulement à cause de dogmes secondaires et négligeables – en effet, ce serait moins étrange –, mais déjà même à cause de mots qui sont de simples synonymes. En effet, nous parlons conformément à la doctrine orthodoxe de l’unique ‘essence’ et des trois ‘hypostases’ ; la première formule exprime la nature de la divinité, la seconde les propriétés de chacun des trois. Les Italiens comprennent aussi les choses comme nous, encore que leur langue dispose de moyens d’expression trop limités et d’un vocabulaire trop pauvre pour leur permettre de distinguer l’hypostase de l’essence. C’est la raison pour laquelle leur langue substitue les ‘personnes’ aux hypostases pour éviter d’admettre trois essences. Et qu’arrive-t-il ? Comble du ridicule ou plutôt du lamentable ! On a pris pour une divergence de foi cette insignifiante question de mots. Ensuite ici chez nous, on taxa la doctrine des trois Personnes de sabellianisme, celle des trois hypostases passa à son tour pour de l’arianisme. Inventions chimériques de l’esprit de polémique ! »

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