• SC 318

    Grégoire de Nazianze

    Discours 32-37

    juin 1985

    Introduction, texte critique et notes par Claudio Moreschini. — Traduction par Paul Gallay.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
    ISBN : 9782204024105
    339 pages
    Conflits internes, victoire de l'orthodoxie et exégèse : beau menu pour ces 6 discours du « Démosthène chrétien ».

    Présentation

    Les discours 32 à 37 datent de la période pendant laquelle Grégoire de Nazianze séjourna à Constantinople (379-381). Il avait été appelé dans cette ville, dont toutes les églises étaient aux mains des ariens, par le petit groupe de catholiques qui restait fidèle au concile de Nicée. De la chapelle improvisée de l'Anastasia où il les réunit d'abord à la basilique des Saints-Apôtres où il inaugure ses fonctions épiscopales, Grégoire reste « le théologien », celui qui, à Constantinople comme à Nazianze, devant un modeste auditoire comme devant l'empereur, ne cesse d'enseigner et de défendre l'orthodoxie. Et qu'il traite de questions d'actualité ou commente un passage de l'Écriture, c'est toujours avec une égale vigueur qu'il proclame sa foi en la Trinité.

    Claudio Moreschini, professeur de littérature latine à l'Université de Pise, éditeur et traducteur d'auteurs chrétiens grecs et latins, est l'auteur de plusieurs études sur l'œuvre de Grégoire de Nazianze.
    Doyen honoraire de la Faculté libre des Lettres de Lyon, Paul Gallay est bien connu pour ses travaux sur Grégoire de Nazianze. Il a déjà publié dans la même collection les Lettres théologiques et les Discours théologiques.

    Le mot du directeur de Collection

    Le Discours 32 a été prononcé dans la petite église de l’Anastasia où se réunit la minorité nicéenne, peu de temps après l’arrivée de Grégoire à Constantinople, à l’occasion d’une fête de martyrs ; son objet est de mettre fin à l’esprit de discorde qui règne au sein de cette petite communauté, où des fidèles débattent imprudemment de questions doctrinales, et d’inviter à la défense de l’orthodoxie en évitant tout extrémisme. Le Discours 33 est une réponse ironique (genre de la diatribe) à la campagne de dénigrement menée par les ariens à son égard, peu après l’agression dont il fut victime de leur part à Pâques 379. Le Discours 34 aurait été prononcé dans les premiers mois de 380, pendant l’affaire de Maxime, le philosophe cynique par qui Grégoire fut abusé, à un moment où ce dernier cherche à se réconcilier avec Pierre d’Alexandrie ou vient de le faire. En échange du blé de l’Égypte et en remerciement, Grégoire offre un tribut spirituel : la profession de la vraie foi, celle de Nicée. Malgré sa présence dans le corpus grégorien, le Discours 35 ne paraît pas authentique, et semble n’être qu’un exercice rhétorique. L’entrée de l’empereur Théodose à Constantinople, fin novembre 380, marque la fin du règne des ariens sur la ville ; l’église des Saints-Apôtres est restituée aux nicéens, et Grégoire placé sur le siège épiscopal occupé jusque-là par Démophile ; c’est de cet événement que rend compte le Discours 36. Véritable homélie, le Discours 37 est le seul que Grégoire ait consacré à l’exégèse d’un passage de l’Écriture (Mt 19, 1-12).

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Discours 32-37

    Les Discours de Grégoire le Théologien, modèle d’éloquence pour les Byzantins, sont transmis à travers plusieurs collections, dont une collection liturgique et des collections dites « complètes ». Le corpus, tel qu’édité aux tomes 35-36 de la Patrologie grecque, comprend 45 pièces. L’édition des Discours 32-34 et 36-37 aux Sources Chrétiennes est fondée sur un choix de 10 manuscrits, du ixe au xie s., et celle du Discours 35 sur 4 manuscrits, du du xe au xve s.

    Le Discours 32 a été prononcé pendant l’été 379 dans la petite église de l’Anastasia où se réunit la minorité nicéenne, peu de temps après l’arrivée de Grégoire à Constantinople, à l’occasion d’une fête de martyrs ; avec pour titre « Sur la modération dans les discussions, et qu’il ne convient pas à tout homme ni à toute circonstance de discuter sur la divinité »,  son objet est de mettre fin à l’esprit de discorde qui règne au sein de cette petite communauté, où des fidèles débattent imprudemment de questions doctrinales, et d’inviter à la défense de l’orthodoxie en évitant tout extrémisme.

    Le Discours 33, intitulé « Aux ariens et sur lui-même », est une réponse ironique (relevant du genre de la diatribe) à la campagne de dénigrement menée par les ariens à son égard, peu après l’agression dont il fut victime de leur part à Pâques 379.

    Le Discours 34, intitulé « À propos de leur débarquement, à ceux qui étaient arrivés d’Égypte », aurait été prononcé dans les premiers mois de 380, pendant l’affaire de Maxime, le philosophe cynique par qui Grégoire fut abusé, à un moment où ce dernier cherche à se réconcilier avec Pierre d’Alexandrie ou vient de le faire. En échange du blé de l’Égypte et en remerciement, Grégoire offre un tribut spirituel : la profession de la vraie foi, celle de Nicée.

    Malgré sa présence dans le corpus grégorien, le Discours 35, intitulé « Sur les martyrs et contre les ariens », ne paraît pas authentique, et semble n’être qu’un (très bref) exercice rhétorique.

    L’entrée de l’empereur Théodose à Constantinople, fin novembre 380, marque la fin du règne des ariens sur la ville ; l’église des Saints-Apôtres est restituée aux nicéens, et Grégoire placé sur le siège épiscopal occupé jusque-là par Démophile ; c’est de cet événement que rend compte le Discours 36, intitulé « Sur lui-même et à ceux qui disaient qu’il désirait le siège de Constantinople ».

    Véritable homélie, prononcée avant le 10 juin 381, le Discours 37 est le seul que Grégoire ait consacré à l’exégèse d’un passage de l’Écriture, commençant par : Lorsque Jésus eut achevé ce discours (Mt 19, 1-12). Sont successivement abordés la double nature du Fils, le statut de la femme, le mariage, la virginité, la chasteté, les « eunuques pour le royaume » et la foi en la Trinité.

     

    Extrait(s)

    Dans ce passage du Discours 37 (§ 2, p. 275), qui anticipe d’une certaine manière la problématique nestorienne, l’Incarnation du « Verbe » (Logos) est invoquée pour fonder, malgré ses limites, le « verbe » humain (logos) sur Dieu :

    « Ce qu’il était, il l’a anéanti, et ce qu’il n’était pas, il l’a assumé ; il n’est pas devenu deux, mais il a supporté d’être un à partir des deux, car ce qui a assumé et ce qui a été assumé sont Dieu l’un et l’autre ; il y a deux natures qui concourent en un seul, et non pas deux fils : que le mélange ne soit pas calomnié ! Celui qui est si considérable, si grand – mais que m’arrive-t-il ? Voilà que je suis retombé sur des mots humains ! Comment ce qui est simple est-il “ si grand ” ? Comment ce qui est hors de la quantité est-il “ si considérable ” ? Ayez de l’indulgence pour mon langage (logô) ! C’est avec un tout petit instrument que je parle de ce qu’il y a de plus grand ! Et il tolérera cela, lui, l’immense, le longanime, lui, la nature sans forme et sans corps, il tolérera ces paroles (logous) qui s’expriment comme à propos d’un corps et qui sont trop faibles pour la vérité. Car, s’il a accepté une chair, qu’il supporte aussi, en ce qui le concerne, un tel langage (logô) ! »

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