• SC 247

    Grégoire de Nazianze

    Discours 1-3

    janvier 1978

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Jean Bernardi.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
    ISBN : 9782204012669
    280 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    Fuir le sacerdoce ? Un bien curieux début de carrière pour le théologien qui aspirait à la vie d'ermite.

    Présentation

    Les Discours de Grégoire de Nazianze, la plupart prononcés à Constantinople, dont il ne fut que peu de temps l’évêque (fin 379- milieu 381), constituent une très belle œuvre littéraire.

    Les discours 1-3 ont été composés au cours de l’année 362 et se rattachent à l’évènement décisif de sa vie, son ordination sacerdotale que son père, Grégoire l’Ancien, l’évêque de Nazianze, lui a imposée (fin 361 ou début 362) pour le seconder dans sa tâche. Or, Grégoire avait choisi de rester auprès de ses vieux parents tant qu’ils étaient en vie, mais désirait se faire moine. Accablé par la charge qu’il sent peser sur lui et jugeant qu’on lui a fait violence, il s’enfuit dans le Pont pour rejoindre Basile, auprès de qui il avait déjà fait l’expérience de la vie monastique. Il compose alors le Discours 2, auquel il donne la forme d’un plaidoyer pour justifier sa fuite, en réalité un traité sur le sacerdoce et la condition sacerdotale – il reviendra plus tard sur le sujet (Discours 42) –, même s’il l’aborde de manière toute subjective. Apaisé, il regagne Nazianze pour la fête de Pâques (31 mars) et prononce à cette occasion son premier discours devant l’assemblée des fidèles, le Discours 1, où il explique et justifie sa réaction de « recul » après son ordination. Dans le Discours 3, prononcé, huit jours plus tard, il déplore que beaucoup de ceux qui ont souhaité l’avoir pour prêtre aient été absents le jour de Pâques…

    Cet homme, qui est encore jeune puisqu’il vient à peine de dépasser la trentaine, n’a rien publié encore et, s’il lui était arrivé de prendre la parole en public après avoir quitté l’école des rhéteurs, c’est bien avec ces trois ouvrages que Grégoire s’adresse au public pour la première fois, du moins au public qui lit.

    Le mot du directeur de Collection

    Les Discours 1-3, datés du premier trimestre 362, sont tous les trois à mettre en relation avec l’ordination sacerdotale que son père, Grégoire l’Ancien, l’évêque de Nazianze, lui a imposée (fin 361 ou début 362) pour le seconder dans sa tâche. Or, Grégoire avait choisi de rester auprès de ses vieux parents tant qu’ils étaient en vie, mais désirait se faire moine. Accablé par la charge qu’il sent peser sur lui et jugeant qu’on lui a fait violence, il s’enfuit dans le Pont pour rejoindre Basile, auprès de qui il avait déjà fait l’expérience de la vie monastique. Il compose alors le Discours 2, auquel il donne la forme d’un plaidoyer pour justifier sa fuite, en réalité un traité sur le sacerdoce et la condition sacerdotale – il reviendra plus tard sur le sujet (Discours 42) –, même s’il l’aborde de manière toute subjective. Apaisé, il regagne Nazianze pour la fête de Pâques (31 mars) et prononce à cette occasion son premier discours devant l’assemblée des fidèles, le Discours 1, où il explique et justifie sa réaction de « recul » après son ordination. Dans le Discours 3, prononcé, huit jours plus tard, il déplore que beaucoup de ceux qui ont souhaité l’avoir pour prêtre aient été absents le jour de Pâques.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Discours 1-3

    Les Discours de Grégoire le Théologien, modèle d’éloquence pour les Byzantins, sont transmis à travers plusieurs collections, dont une collection liturgique et des collections dites « complètes ». Le corpus, tel qu’édité aux tomes 35-36 de la Patrologie grecque, comprend 45 pièces. L’édition des Discours 1-3 aux Sources Chrétiennes est fondée sur un choix de 10 manuscrits, du ixe au xie s., sans compter la traduction latine que Rufin a faite du n°2.

    Les Discours 1-3, datés par les auteurs du volume du premier trimestre 362, sont tous les trois à mettre en relation avec l’ordination sacerdotale de l’auteur, fin 361 ou début 362. Après sa « fuite » à Annesi, dans le Pont, il est possible qu’il ne revienne à Nazianze qu’en 363.

    Le très bref Discours 1, le premier qu’il prononce, est intitulé « Sur Pâques et sur les lenteurs de l’auteur ». Il est très célèbre, à la fois comme homélie pascale (c’est la première pièce de la collection liturgique) et comme première « apologie » personnelle face à ce qu’il dénonce comme la « tyrannie » paternelle, mais c’est aussi un éloge de son père comme pasteur et « vénérable Abraham ».

    Le Discours 2, écrit de toute pièce sans avoir été prononcé, a un titre, Apologètikos, en rapport avec son genre. C’est un très long plaidoyer, lu par la postérité comme un traité du sacerdoce un peu paradoxal, puisque Grégoire se justifie d’avoir « fui » la prêtrise par la très haute idée qu’il s’en fait. En tant que tel il est à rapprocher du Discours 9, où il s’agit cette fois-ci de sa nomination comme évêque. Le texte figure en premier dans le choix de Discours traduits par Rufin.

    Le Discours 3, intitulé « À ceux qui, au début, avaient fait appel [au prêtre Grégoire] et qui n’étaient pas venus [au rendez-vous de] Pâques », tient à la fois du réquisitoire et du « cadeau de mariage » aux fidèles de Nazianze, que le pasteur exhorte en 8 petits paragraphes.

    Extrait(s)

    Ces tout premiers mots de Grégoire sont très célèbres chez les Byzantins (Discours 1, §1, p. 73) :

    « Jour de la Résurrection : c’est un début prometteur. Que cette fête solennelle nous revête de son éclat ! Embrassons-nous ; appelons frères ceux-là mêmes qui nous haïssent et, à plus forte raison, ceux qui nous ont fait subir ou qui ont subi de nous par amour quelque tort. Accordons à la Résurrection toutes les concessions. Pardonnons-nous réciproquement, moi qui ai été victime de cette belle tyrannie – c’est le qualificatif que je lui donne maintenant –, et vous qui avez eu ce beau geste envers moi, au cas où vous auriez quelque reproche à me faire à cause de ma lenteur, car il se pourrait que cette lenteur fût meilleure et qu’elle eût plus de prix aux yeux de Dieu que la rapidité montrée par d’autres. »

    Grégoire, conscient de son indignité, justifie sa « fuite » après son ordination sacerdotale (Discours 2, 95…97).

    Je savais que nul n’est digne de celui qui est à la fois victime et grand prêtre du Dieu grand, s’il ne s’est auparavant lui- même offert à Dieu en victime vivante, sainte, s’il n’a manifesté le culte spirituel agréable à Dieu, s’il n’a présenté à Dieu ce sacrifice de louange et cet esprit contrit qui constituent le seul sacrifice que celui qui a tout donné réclame de nous. Comment allais-je donc oser lui présenter le sacrifice extérieur qui est la réplique des grands mystères? Comment revêtir l’habit et le nom de prêtre avant d’avoir consacré mes mains par des œuvres saintes, avant d’avoir accoutumé mes yeux à diriger sur la création un regard sain, tourné vers la seule admiration du créateur et non vers le dommage de la créature (…)?

    Quel est l’homme qui se risquera sans avoir eu encore le cœur brûlé par les paroles de Dieu, pures et éprouvées au feu, pendant que les Écritures lui étaient expliquées, sans avoir trois fois inscrit ces paroles sur la table de son cœur de façon à avoir l’esprit du Christ (…)?

    Quel est l’homme qui se risquera sans avoir encore contemplé comme elle mérite d’être contemplée la douceur du Seigneur et sans avoir visité son temple, ou plutôt, sans être devenu temple du Dieu vivant et vivante demeure du Christ dans l’Esprit ?

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