• SC 137

    Éphrem de Nisibe

    Hymnes sur le Paradis

    mars 1968

    Traduction du syriaque par René Lavenant, s.j. — Introduction et notes par François Graffin, s.j.

    Réimpression de la 1ere édition (2011)
    ISBN : 9782204035569
    209 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    Du Paradis perdu au Paradis futur, une boussole poétique, par le plus grand écrivain syriaque.

    Présentation

    Précurseur doué d’une intuition rare, Éphrem avait su retourner et faire servir à sa cause l’arme des hérétiques qu’il combattait, à savoir les hymnes ascétiques ou dogmatiques chantées par les fidèles depuis le temps de Bardesane et de son fils Harmonius, un siècle auparavant. Ces chants d’Éphrem se gravaient dans la mémoire des auditeurs, grâce à leur forme rythmée, à la splendeur de leurs images et à la chaleur de leurs accents ; ils étaient répétés, avec une ferveur jamais lassée, aux fêtes liturgiques. Leur succès fut tel, que, du vivant même de leur auteur, on en fit des versions grecques et arméniennes ; plus tard on les traduira encore en géorgien, en éthiopien, en latin et en slavon. Saint Jérôme raconte que dans certaines Églises on les lisait en public après les leçons de l’Écriture sainte.
    Les Hymnes sur le Paradis constituent un recueil de quinze hymnes (267 strophes de douze vers, soient 3204 vers au total). Éphrem recherche tout ce qui est figure, et du Paradis perdu et du Paradis futur. Mais pour lui le Paradis n’est pas seulement un lieu mystérieux du passé ou du futur, il est, dans la structure cosmologique du monde, le sommet et le centre de l’univers et, dans l’histoire du plan de Dieu, une réalité capitale qui apparaît et réapparaît au temps de Noé comme au temps de Moïse, dans la construction du temple aussi bien que dans le mystère de la Croix et dans l’organisation de l’Église.


    Le grand docteur et chantre de l’Église syriaque s’est beaucoup exprimé par hymnes, mais son œuvre poétique, très lue et traduite dans l’Antiquité, a connu ensuite une assez longue éclipse. L’édition critique d’Edmund Beck ayant permis d’en restituer la teneur, la collection pouvait, dès 1968, en donner un aperçu à ses lecteurs en publiant dans la traduction du P. Lavenant les Hymnes sur le paradis qui sont peut-être une œuvre de jeunesse, comptant plus de 3000 vers.
    Éphrem n’y chante pas seulement le paradis perdu, mais le paradis centre du cosmos et but de l’histoire du salut, dont les arbres nous tendent déjà leurs branches pour un banquet retrouvé, « apaisement sans trouble, fête qui sera sans fin, toute l’éternité ! »

    René Lavenant, s.j. (1926-2013), fut professeur de syriaque et d’arabe au Liban puis à Rome, avant de rejoindre l’équipe des Sources Chrétiennes. Il a publié également l’œuvre de Jean d’Apamée (SC 311).
    François Graffin, s.j. (1905-2002), figure des études syriaques en France, dirigea la Patrologie Orientale. Il a collaboré aux Hymnes sur la Nativité d’Éphrem (SC 459).

    Le mot du directeur de Collection

    Un poète, dont la doctrine, n’est pas moins remarquable que l’éclat du style: tel est saint Éphrem, sans doute le plus célèbre des écrivains chrétiens de langue syriaque. Si c’est seulement en 1920 que Benoît XV l’a proclamé docteur de l’Église universelle, ses hymnes, chantés d’abord en syriaque, furent traduits, du vivant même de leur auteur, en grec, en arménien et plus tard en géorgien, en éthiopien, en latin et en slavon.
    On sait peu de choses sur sa vie : né vers l’année 306 à Nisibe, en Mésopotamie, il y vécut longtemps au milieu de troubles de toutes sortes, politiques et religieux. En 363, quand l’empereur Jovien dut céder Nisibe aux Perses, Éphrem se retira, avec beaucoup de chrétiens, à Édesse, C’est là qu’il meurt en 373, victime de son dévouement aux pestiférés.
    Diacre, il ne faut sans doute jamais prêtre, mais il exerça toutes lss activités de sa charge avec la plus grande charité, et les plus brillants talents : prédicateur, commentateur de l’Écriture, théologien, animateur de la liturgie, maître de chant, providence des malades, des pauvres, des étrangers, et, en même temps, modèle de vie ascétique et contem­plative.
    Le Père Lavenant a eu l’audace de traduire pour la première fois en français des poèmes remarquables par leur concision, leur rythme rapide, la richesse des images.
    M. Jean-Claude Renaud a bien voulu relire cet audacieux essai et proposer un certain nombre d’améliorations. Le Père Graffin, aidé par Dom Leloir, s’est chargé de l’introduction, des notes et de la mise au point de l’ensemble du volume. Au lecteur maintenant d’apprécier les résultats de cette multiple collaboration, qui n’avait qu’un but : faire connaître, dans l’une de ses plus belles œuvres, l’un des plus remarquables auteurs chrétiens de l’Orient syrien.

    Jean-Noël Guinot

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