• SC 36

    Anonyme

    Homélies pascales, tome II
    Trois homélies dans la tradition d'Origène

    décembre 1953

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Pierre Nautin.

    Réimpression de la première édition revue et corrigée (2003)
    ISBN : 9782204072977
    128 pages
    Indisponible chez notre éditeur
    À partir de l'Exode, une solide catéchèse pascale, depuis attribuée à Apolinaire de Llaodicée, un grand auteur controversé.

    Présentation

    Alors qu’Origène applique volontiers ce qui est dit des chairs de l’agneau pascal à la méditation spirituelle des Écritures, véritable nourriture de l’âme, notre auteur ne parle plus que de l’eucharistie. Ainsi ces homélies permettent-elles de constater, à la fin du IVe siècle, la naissance d’une spiritualité de la communion mise en relation directe avec le rôle essentiel de la chair du Christ dans la rédemption, la communion est présentée comme réalisant en chaque chrétien le but de l’Incarnation.

    Le mot du directeur de Collection

    Les Homélies pascales, appartenant à une collection pseudo-chrysostomienne et éditées par Pierre Nautin (École Pratique des Hautes Études), à partir de 1950, étaient déjà avant sa mort († 1997) épuisées depuis longtemps. D'autres travaux l'ont empêché de réaliser une seconde édition à laquelle il songeait. Il nous appartenait donc de réviser ces volumes et de les remettre en circulation.

    De la série de sept Homélies pascales, abusivement attribuées à Jean Chrysostome, cinq seulement ont été retenues par l'éditeur. […] Les trois homélies, présentées dans ce deuxième tome (SC 36), appartiennent à la même collection ; elles se font suite et constituent un commentaire complet du rituel pascal fixé au chapitre 12 de l'Exode. Elles ont à l'évidence un même auteur, qui pourrait bien être Apollinaire de Laodicée, comme l'ont montré des recherches postérieures à l'édition de P. Nautin. Il ne peut aucunement s'agir en tout cas de Jean Chrysostome. Selon P. Nautin, l'exégèse de cet homéliste de la fin du IVe siècle ou du début du Ve se situerait dans la tradition de celle d'Origène (IIIe siècle), mieux connue depuis la découverte de son traité Sur la Pâque dans les papyrus de Toura, en Égypte.

    À la façon d'un catéchète, l'auteur procède de manière didactique et progressive, en groupant les versets du texte de l'Exode en fonction de l'enseignement qu'il veut donner. Dans la première homélie, il traite du sacrifice pascal ; il commente, dans la suivante, l'onction de sang sur les montants et le linteau des portes, puis le rituel du repas, en y voyant respectivement les figures du baptême et de la communion ; il consacre entièrement sa troisième homélie aux conditions exigées avant, pendant et après le repas pascal, c'est-à-dire aux dispositions requises du chrétien avant, pendant et après la communion eucharistique. Alors qu'Origène applique volontiers ce qui est dit des chairs de l'agneau pascal à la méditation spirituelle des Écritures, véritable nourriture de l'âme, notre auteur ne parle plus que de l'eucharistie. Sur ce point, il sait donc prendre ses distances par rapport à la tradition exégétique dans laquelle il s'inscrit. Aussi ces homélies permettent-elles de constater, à la fin du IVe siècle, la naissance d'une spiritualité de la communion : mise en relation directe avec le rôle essentiel de la chair du Christ dans la rédemption, la communion est présentée comme réalisant en chaque chrétien le but de l'Incarnation.

     

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    In sanctum Pascha sermones 1-3

    Les trois homélies éditées dans ce volume sont les premières d’une collection de sept Homélies pascales transmise sous le nom de Jean Chrysostome, la collection τὰ σαλπίγγια (« les petites trompettes ») : elles se font suite et constituent un commentaire complet du rituel pascal fixé au chapitre 12 de l'Exode. Elles ont à l'évidence un même auteur, qui pourrait bien être Apolinaire de Laodicée, comme l'ont montré des recherches postérieures à l'édition de P. Nautin. Il ne peut aucunement s'agir en tout cas de Jean Chrysostome. Selon P. Nautin, l'exégèse de cet homéliste de la fin du IVe siècle ou du début du Ve (aucune allusion à Nestorius et à ses disciples ne trouve dans ces textes) se situerait dans la tradition de celle d'Origène (IIIe siècle), mieux connue depuis la découverte de son traité Sur la Pâque dans les papyrus de Toura, en Égypte.

    Le texte grec constitue une nouvelle édition critique. Celle-ci a été réalisée à partir de huit manuscrits datés du IXe au XVIIe siècle, appartenant tous à la tradition pseudo-chrysostomienne, et de l’édition Savile des œuvres attribuées à Jean Chrysostome. La moitié des manuscrits étudiés ne transmet qu’une ou deux des homélies du corpus.

     

    À la façon d'un catéchète, l'auteur procède de manière didactique et progressive, en groupant les versets du texte de l'Exode en fonction de l'enseignement qu'il veut donner. Dans la première homélie, il traite du sacrifice pascal ; il commente, dans la suivante, l'onction de sang sur les montants et le linteau des portes, puis le rituel du repas, en y voyant respectivement les figures du baptême et de la communion ; il consacre entièrement sa troisième homélie aux conditions exigées avant, pendant et après le repas pascal, c'est-à-dire aux dispositions requises du chrétien avant, pendant et après la communion eucharistique. Le propos ne vise jamais à émouvoir l’auditeur ou le lecteur. Il poursuit un but didactique, d’instruction de la doctrine chrétienne : il expose le sens des récits scripturaires de la Pâque et des rites eucharistiques.

    Le premier motif par lequel elles se distinguent toutes les trois de la tradition d’Hippolyte et se rapprochent de celle d’Origène est l’étymologie du nom de la Pâque : Hippolyte rapporte ce nom au lexique de la souffrance, Origène au lexique du passage. L’interprétation du récit de la Pâque juive suit celle d’Origène en ce qu’elle considère que le verset « ce mois est pour toi le commencement des mois » s’adresse au lecteur actuel, au chrétien baptisé et désigne la vie nouvelle dans le Christ dans laquelle il est invité à entrer à Pâques. Les deux montants du linteau sont vus par notre prédicateur comme les trois parties de l’âme, une supérieure – la raison – et deux inférieures, l’irascible et le concupiscible. Cependant, alors qu'Origène applique volontiers ce qui est dit des chairs de l'agneau pascal à la méditation spirituelle des Écritures, véritable nourriture de l'âme, notre auteur ne parle plus que de l'eucharistie. Sur ce point, il sait donc prendre ses distances par rapport à la tradition exégétique dans laquelle il s'inscrit.

    Aussi ces homélies permettent-elles de constater, à la fin du IVe siècle, la naissance d'une spiritualité de la communion : mise en relation directe avec le rôle essentiel de la chair du Christ dans la rédemption, la communion est présentée comme réalisant en chaque chrétien le but de l'Incarnation.

    L’auteur offre également sur le judaïsme un point de vue nuancé. En effet, il juge plus sévèrement les hérétiques, parce que les hérésies n’ont selon lui « même pas la plus brève participation au Christ » et sont complètement « en dehors de toute espérance », alors que l’observance de la loi mosaïque par les juifs anticipait la venue du Christ.

    Extrait(s)

    (III, p. 102)

    La victime pascale, parce qu’elle était sans tâche, signifiait la sainteté du Christ ; le salut des premiers-nés obtenu par le sacrifice de la Pâque indiquait le salut des hommes dans la Passion du Christ ; et le repas, la sanctification : c’est ce que nous avons dit précédemment. Maintenant, d’après le reste de la législation, il faut examiner comment doit se préparer celui qui doit être sanctifié, comment d’autre part il doit s’approcher de la communion à la Sainteté, quelle vie enfin il doit mener après être entré en communion et en participation avec ce qui est Saint.

    Errata

    Page

    Localisation

    Texte concerné

    Correction

    Remarques

    83

    l. 5

    δυνηθῶπεν

    δυνηθῶμεν

     

    83

    l. 5

    δυνηθῶπεν

    δυνηθῶμεν

     

    92

    l. 2

    recevez de Dieu

    recevez de Dieu ?

     

Du même auteur

  • SC 48
    SC 48

    Homélies pascales, tome III

    décembre 1957

    En Anatolie en 387, la fête de Pâques imite les temps de la Passion du Christ.

  • SC 27
    SC 27

    Homélies pascales, tome I

    décembre 1950

    « Un long jour de lumière, éternel : la Pâque mystique, célébrée en figure par la Loi et accomplie par le Christ ! »