• SC 116

    Augustin d’Hippone

    Sermons pour la Pâque

    décembre 1966

    Introduction, texte critique, traduction et notes par Suzanne Poque.

    Réimpression de la première édition revue et corrigée (2003, 2011)
    ISBN : 9782204072915
    376 pages
    L’événement central de la vie chrétienne, par le Docteur de la grâce.

    Présentation

    On compte environ cent cinquante sermons consacrés par Augustin à expliquer le mystère pascal. Le présent volume n’est donc qu’une anthologie, réunissant une série de dix sermons de l’« Homiliaire de Fleury », prononcés en 412 ou 413, qui vont du matin de Pâques au dimanche de l’Octave, et cinq autres sermons de datation plus incertaine, qui complètent le cycle de la prédication entreprise au début du Carême. À partir de ces exemples, et grâce à cette reconstruction d’une prédication pascale à Hippone, le lecteur peut se faire une idée assez juste de l’instruction que recevait le catéchumène et des différentes étapes de son initiation au mystère chrétien : la prédication de Carême, la tradition du symbole de foi et du « Pater », la célébration de la Semaine sainte et de la Passion, la nuit et le jour de Pâques, enfin les jours de l’octave suivante. Au-delà des quinze sermons ici réunis, l’introduction fait appel à l’ensemble de la prédication pascale d’Augustin ; elle retrace tous les rites de l’initiation chrétienne et introduit le lecteur de manière fort complète dans la théologie du « sacrement » de la Pâque et de la Résurrection. La place centrale de ce thème dans la pensée du docteur d’Hippone y est mise en évidence, tout comme la richesse du contenu de ces sermons, qu’il s’agisse de théologie, d’histoire de la liturgie, de catéchèse ou de spiritualité.

    Le mot du directeur de Collection

    Puisque la Bibliothèque Augustinienne s'est donné pour objectif l'édition des œuvres de l'évêque d'Hippone, on ne s'étonnera pas de la présence discrète d'Augustin dans la collection Sources Chrétiennes. On appréciera d'autant plus de voir réimprimé un choix de ses Sermons pour la Pâque (SC 116), dans l'édition qu'en a donnée, en 1966, Suzanne Poque (Université de Toulouse). Il s'agit d'une anthologie : en effet, sur environ cent cinquante sermons consacrés par Augustin à expliquer le mystère pascal, seulement quinze ont été retenus dans le présent volume. L'intention qui a guidé le choix de l'éditrice était de reconstruire, à partir d'un échantillonnage représentatif, le cycle d'une prédication pascale à Hippone, au début du Ve siècle. Ainsi le lecteur peut-il se faire une bonne idée de l'instruction que recevait alors un catéchumène et suivre les différentes étapes de son initiation au mystère chrétien : la prédication de Carême, la tradition du symbole de foi et du Pater, la célébration de la Semaine sainte et de la Passion, la nuit et le jour de Pâques, enfin les jours de l'octave suivante. Le choix de ces sermons n'a pas été fait au hasard : à la série des dix sermons prononcés en 412 ou 413, conservés dans l'Homiliaire de Fleury, qui vont du matin de Pâques au dimanche de l'Octave, ont été joints cinq autres sermons de datation plus incertaine, qui complètent le cycle de la prédication entreprise au début du Carême. Par ailleurs, l'introduction de S. Poque fait appel à l'ensemble de la prédication pascale d'Augustin : elle retrace tous les rites de l'initiation chrétienne et introduit le lecteur de manière fort complète dans la théologie du « sacrement » de la Pâque et de la Résurrection. La place centrale de ce thème dans la pensée du docteur d'Hippone y est mise en évidence, tout comme la richesse du contenu de ces sermons, qu'il s'agisse de théologie, d'histoire de la liturgie, de catéchèse ou de spiritualité.

    (J.-N. Guinot, 2003)

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Les Sermons pour la Pâque sont présentés dans l'édition qu'en a donnée, en 1966, Suzanne Poque (Université de Toulouse), sous forme d’une anthologie. En effet, sur environ cent cinquante sermons consacrés par Augustin à expliquer le mystère pascal, seulement quinze ont été retenus dans le présent volume. À la série des dix sermons prononcés en 412 ou 413, et conservés dans l’Homiliaire de Fleury, qui vont du matin de Pâques au dimanche de l’Octave, ont été joints cinq autres sermons de datation plus incertaine, qui complètent le cycle de la prédication entreprise au début du Carême. Deux d’entre eux, les Guelferbytani III et V, découverts par dom Morin dans l’Homiliaire de Wolfenbüttel, avaient fait l’objet d’une édition critique. Suzanne Poque en propose ici une nouvelle édition critique, et donne l’editio princeps des dix sermons issus de l’Homiliaire de Fleury.

    L'intention qui a guidé le choix de l'éditrice était de reconstruire, à partir d'un échantillonnage représentatif, le cycle d'une prédication pascale à Hippone au début du Ve siècle. Cependant, l’introduction de S. Poque fait appel à l'ensemble de la prédication pascale d'Augustin : elle retrace tous les rites de l'initiation chrétienne et introduit le lecteur dans la théologie du « sacrement » de la Pâque et de la Résurrection. La place centrale de ce thème dans la pensée du docteur d'Hippone y est mise en évidence, tout comme la richesse du contenu de ces sermons, qu'il s'agisse de théologie, d'histoire de la liturgie, de catéchèse ou de spiritualité.

     

    Les sermons édités sont riches en contenu, qu’il s’agisse de théologie, d’histoire de la liturgie, de catéchèse ou de spiritualité. La composition du volume permet de se faire une bonne idée de l’instruction que recevait alors un catéchumène et de suivre les différentes étapes de son initiation au mystère chrétien : la prédication de Carême, la tradition du symbole de foi, proclamé solennellement par les catéchumènes quinze jours avant Pâques, et du Pater, qu’on confiait aux catéchumènes huit jours avant Pâques pour qu’ils puissent l’apprendre par cœur et le réciter pendant la célébration de la nuit pascale ; la célébration de la Semaine sainte et de la Passion ;  la nuit et le jour de Pâques ; enfin, les jours de l’octave de Pâques.  Les sermons portent tous un titre permettant de les situer dans le cycle liturgique du Carême et du Temps pascal (l’ordre de la liste est celui de l’édition) :

    • De concordia fratrum (« L’entente fraternelle » ; 211)
    • Tractatus de symbolo (« Sermon sur le symbole » ; 212)
    • Tractatus de dominica oratione (« Sermon sur la prière du Seigneur » ; 59)
    • Tractatus de passione Domini (« Sermon sur la Passion du Seigneur » ; Guelferbytanus 3)
    • Tractatus de nocte santa (« Sermon sur la nuit sainte » ; Guelferbytanus 3)
    • Tractatus sancti Augustini de sanctissimae Paschae die prima (« Sermon de saint Augustin sur le premier jour de la très sainte Pâque » ; 121)
    • Sermo beati Augustini episcopi de sacramentis habitus die sancto Paschae (« Sermon du bienheureux Augustin évêque sur les mystères le saint jour de Pâques ;  227)
    • Sermo habitus secunda feria (« Sermon du lundi de Pâques » ; 231)
    • Tractatus habitus tertia feria (« Mardi de Pâques » ; 232)
    • Tractatus habitus quarta feria (« Sermon du mercredi de Pâques » ; 237)
    • Tractatus habitus quinta feria (« Sermon du jeudi de Pâques » ; 246)
    • Tractatus habitus sexta feria (« Sermon du vendredi de Pâques » ; 250)
    • Tractatus habitus die sabbato (« Samedi de Pâques » ; 253)
    • Tractatus die dominica quem dixit ad memoriam sanctorum (« Sermon du jour du Seigneur à la memoria des saints » ; 257)
    • Alius sermo quem dixit ad basilicam maiorem eadem die (« Autre sermon prononcé le même jour à la grande basilique ; 258)

    Extrait(s)

    Cette nuit, comme on le sait, se rattache au jour suivant que nous considérons comme le jour du Seigneur. Il devait évidemment ressusciter la nuit, puisque par sa résurrection il a illuminé nos ténèbres. Ce n’est pas pour rien que, si longtemps à l’avance, lui fut dédié ce chant : « Tu illumineras ma lampe, Seigneur. Mon Dieu, tu illumineras mes ténèbres. »

    Aussi notre piété se met-elle au service d’un mystère si grand qu’en étincelle la nuit, illuminée par notre veille, comme veille notre foi affermie par la résurrection, pour que nous puissions aujourd’hui, comme il convient, songer avec l’Église répandue par tout l’univers à ne pas être trouvés dans la nuit. Pour tant de peuples si nombreux qu’a regroupés partout, au nom du Christ, cette éclatante célébration d’anniversaire, le soleil a pu se cacher, mais la clarté ne s’est pas éteinte, car les lumières de la terre ont pris la relève des lumières du ciel (Tractatus de nocte santa, 1-2, p. 213).

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