Soumis par Laurence Mellerin le mer 21/07/2021 – 15:19
Type événement
Titre

Penser l’âme au temps de son éclipse

Sous-titre

Les ressources de l’anthropologie chrétienne

Mercredi 16 mars - Samedi 19 mars 2022
Contenu
Texte

Aujourd’hui, il y a lieu de redéfinir en mots contemporains ce en quoi réside l’unicité de l’humain. Dans un contexte sociétal marqué par une domination de plus en plus affirmée des sciences de la nature dans le champ des savoirs, et alors que les sciences humaines perdent du terrain, l’identité humaine devient floue. Elle est marquée d’un double effacement : la frontière avec les autres vivants est contestée, et l’irréductibilité de l’esprit à l’univers des machines se voit mise en doute. L’ordinateur et ses développements espérés sont le modèle qui prévaut peu ou prou en matière anthropologique. Ainsi l’imaginaire du robot humanoïde monte en puissance dans la culture et certains cercles de pensée, dont l’influence tend à se renforcer, présentent comme programme scientifique et politique du futur, l’homme augmenté, le transhumain et même le post-humain. Dans ce contexte où le sens de l’homme s’érode à vitesse accélérée, il y a urgence à une pensée créative en matière anthropologique, tout à la fois sensible aux enjeux de la vie en société et sachant mettre à profit diverses ressources de pensée, qui ont eu droit de cité dans cette culture au fil de son histoire. La conception dualiste de l’âme par exemple, qui l’oppose au corps sensible et la constitue en une instance qui n’a d’absolu que d’être déliée, isolée, coupée des riches singularités de l’existence, ne demeure-t-elle pas à l’arrière-plan de la pensée moderne ? Quant à la doctrine de l’homme image de Dieu, enracinée dans la pensée biblique et l’héritage philosophique, cœur de l’anthropologie patristique de l’Antiquité et du Moyen Age, a-t-elle encore quelque chose à nous dire face à des pensées qui ne s’ouvrent pas sur l’altérité, du gnosticisme au transhumanisme ? Les efforts qui se déploient de l’Antiquité à l’époque moderne pour penser la relation de l’âme au corps, le lien entre sens, émotions et intelligence, ou encore, dans le christianisme, le rôle de la créature dans l’œuvre (continuée ?) d’un Créateur, les paradoxes d’une foi conjointe en la résurrection des corps et l’immortalité de l’âme, n’ont-ils pas encore une fécondité ?

C’est justement sur la notion d’âme, majeure dans l’anthropologie de l’Occident et du Proche-Orient, à la jonction de la philosophie et du christianisme, que ce colloque désire se centrer. La période contemporaine assiste sans conteste à une « éclipse de l’âme » (L. Bossi). Ce concept est délaissé non seulement par les philosophes et les psychologues, mais aussi, de façon plus surprenante, par les théologiens. La rencontre d’instances laïques et religieuses dans la commune déshérence de l’âme, rencontre que nous devons tenter d’expliciter par une approche pluridisciplinaire, tend à montrer qu’il y va du devenir en son entier de la civilisation occidentale, qui a vu peu à peu l’idée d’historicité de tout existant s’imposer à l’horizon des savoirs et de la culture. Le surgissement de cette idée a sans aucun doute déstabilisé le cadre anhistorique-métaphysique de la pensée et ainsi fragilisé la conception substantialiste et donc intemporelle de l’âme, active au sein des métaphysiques tant philosophiques que religieuses. Pour autant, l’époque contemporaine voit aussi fleurir de multiples formes du développement du « soi » qui appellent une réflexion sur l’ipséité. Par ailleurs, « l’âme » en tant que telle n’a pas complètement disparu du paysage mental de nos sociétés, où la notion s’atteste à travers les usages courants dans une sorte de poétique en résistance au matérialisme, comme en attente d’essais de pensée, qui relèvent à nouveau ce défi de l’humain essentiel.

Rendre sens à l’âme sans dénier la condition vulnérable et historique, voilà qui engage la pensée dans une voie irréductible aux projections transhumanistes d’un être sorti de l’homme, invulnérable et sempiternel : y aurait-il, ou non, dans la tradition des pensées de l’âme au sein du christianisme des ressources pour penser une telle confrontation? Pour cette enquête, le colloque croisera mise à l’épreuve des doctrines anciennes et souci pour le présent.

Trois questions serviront de fil rouge à toutes les interventions :

  • Peut-on penser en l’âme, en relisant les doctrines classiques de son impassibilité ou de son immortalité, une vulnérabilité ou une finitude ?
  • Augmentation ou divinisation : quelle place donner à l’a/Autre dans le développement de l’âme ?
  • Au-delà du dualisme : comment concevoir aujourd’hui l’unité de l’humain dans ses multiples dimensions (corps, âme, esprit) ?
Programme
Contenu
Texte
Mercredi 16 mars

Conférence inaugurale

Jeudi 17 mars

Problématique contemporaine (matin)

Antiquité (après-midi)

Table-ronde bibliographique

Vendredi 18 mars

Moyen Age (matin)

Époque moderne et contemporaine (après-midi)

Samedi 19 mars

Mystique et poétique de l’âme

Table-ronde finale

Contenu
Texte

Colloque porté par le pôle 1 de l’Unité de Recherche "Théologie, philosophie et sciences religieuses" de l'UCLy et l’Institut des Sources Chrétiennes (HiSoMA, CNRS UMR 5189), avec la collaboration du pôle 2, "Bible, littératures et cultures antiques"

Lieux

Université Catholique de Lyon, campus Saint-Paul

Salle
Amphithéâtre Mérieux
Amphithéâtre Aristote
Organisateurs
Collaborateur(s) associé(s)
Comité scientifique