Soumis par Administrateur le mar 29/10/2019 – 16:41
  • Vendredi 22 janvier 2021
    11:00 - 13:00 Nouvelle date

    La Jérusalem céleste chez Irénée de Lyon

    Intervenante
    Collaborateur(s) associé(s)
    Texte

    Les chapitres 34 à 36 du livre V du Contre les Hérésies expriment une sorte de condensé de l’espérance eschatologique d’Irénée de Lyon. Ces passages présentent un intérêt particulier dans la mesure où Irénée y opère des choix théologiques dans le chaos des controverses de son temps concernant les fins dernières : ce faisant, il ne répond pas seulement aux divers courants hérétiques, il nous renseigne également sur les mentalités et les expressions balbutiantes dans l’Église elle-même. Nous nous arrêterons particulièrement sur la place et le sens de l’évocation de Jérusalem dans cette espérance, notamment de la « Jérusalem céleste », figure biblique qui devient dans l’œuvre d’Irénée un motif théologique. En quoi cette figure est-elle en cohérence avec l’ensemble de sa théologie ? D’une part il évoque la reconstruction de la Jérusalem d’en bas, et d’autre part la descente de la Jérusalem céleste. Mais n’y a-t il pas un paradoxe dans l’expression d’Irénée ? D’un côté, il critique la cosmologie gnostique qui fait du Plérôme le modèle des réalités terrestres, et d’un autre côté il affirme, au cœur de sa profession de foi eschatologique, que « Jérusalem [sera] rebâtie sur le modèle de la Jérusalem d'en haut, reaedificata Hierusalem secundum characterem quae sursum est Hierusalem » (V, 35, 2). Éclairer ces expressions en tension contribuera, nous l’espérons, à mieux comprendre la Jérusalem céleste en tant qu’argument biblique et théologique, autant qu’eschatologique.