• SC 625

    Hilaire de Poitiers

    Commentaires sur les Psaumes, tome V
    (Psaumes 119-126)

    avril 2022

    Texte critique du CCL 61B (Jean Doignon). — Traduction, notes et index par Mgr Patrick Descourtieux.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National du Livre et de la Fondation Saint-Irénée.
    Révision assurée par Blandine Sauvlet.
    ISBN : 9782204147019
    426 pages
    Les psaumes ouvrant leur sens avec une clé: le Christ

    Présentation

    Les Commentaires sur les Psaumes 119 à 126, composés par Hilaire au cours de son ministère épiscopal (vers 353-367), poursuivent l’itinéraire constitué par la troisième cinquantaine du Psautier  : pour l’évêque de Poitiers, il ne s’agit plus de parler de conversion, comme dans la première cinquantaine, ni d’acquérir les vertus, comme dans la deuxième, mais d’envisager le royaume céleste dans la gloire.

    Les huit psaumes ici commentés font partie des quinze « psaumes des montées » (Ps 119 à 133), accompagnant la montée des pèlerins juifs au Temple de Jérusalem. Dans son traité sur le Ps 119, dont le début sert de préface à ces « cantiques des degrés », Hilaire veut reconnaître en ce chiffre 15, décomposé en 7+8, le progrès et la montée de la Loi à l’Évangile, de l’Ancien au Nouveau Testament, de la terre au ciel, de cette vie à l’autre. Une montée conduisant, dans le traité sur le Ps 126, à la maison de Dieu, qui n’est pas la Jérusalem terrestre, mais le Temple spirituel des croyants : cette cité immatérielle, dont la construction ne peut se faire sans souffrance ni passage par la mort, rassemble toutes les nations et tous les âges.

    Échos de la prédication de l’évêque de Poitiers sur ce livre central pour le christianisme, ces traités partagent une profonde expérience personnelle. Ils sont pour la première fois intégralement traduits en français.

    Mgr Patrick Descourtieux travaille au service du Saint-Siège (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) et enseigne à l’Institutum Patristicum Augustinianum (Rome). Il a publié dans Sources Chrétiennes les Stromates III (SC 608), VI (SC 446) et le Quis dives salvetur (SC 537) de Clément d’Alexandrie ainsi que les tomes I (SC 515), II (SC 565), III (SC 603) et IV (SC 605) des Commentaires sur les Psaumes d’Hilaire de Poitiers.

    Le mot du directeur de Collection

    Cette édition est une œuvre en pleine ascension, puisque Patrick Descourtieux entame avec ce tome V les commentaires portant sur les huit premiers des quinze « cantiques des degrés » ou « psaumes des montées » (Ps 119-133 selon la numérotation de la Bible grecque). Ces Commentaires sur les Psaumes 119 à 126, composés par Hilaire vers 360 et achevés après 364, poursuivent la montée vers la gloire céleste qui caractérise pour l’évêque de Poitiers la 3e cinquantaine de psaumes. Il explique dans son traité sur le Ps 119, dont le début sert de préface aux cantiques des degrés, la valeur symbolique du chiffre 15 : décomposé en 7+8, Hilaire y reconnaît le progrès et la montée de la Loi à l’Évangile, de l’Ancien au Nouveau Testament, de la terre au ciel, de cette vie à l’autre. Les traités suivants l’illustrent chacun à leur façon. Le traité sur le Ps 120 voit en particulier dans le verset Je lève les yeux vers les montagnes le regard intérieur du croyant tourné vers les sommets des Écritures, et la protection de Dieu offerte sur le chemin, jusqu’à la mort, sortie vers l’éternité dont la porte d’entrée est le Christ. Dans le traité sur le Ps 121, le théologien évoque la joie de l’homme sauvé dans la Jérusalem céleste et s’interroge sur la possibilité d’un salut universel et sur le sens de la paix promise. Le traité sur le Ps 122 médite sur le « ciel » véritable qu’est le Christ, habitation de Dieu en chaque croyant à qui il ne convient plus de regarder en arrière. Défendant l’unicité de Dieu et la divinité du Fils, l’évêque prêche l’espérance de la libération de l’esclavage du péché et des persécutions de la foi. Le traité sur le Ps 123, quant à lui, met en garde contre les dangers guettant l’homme heureux, à commencer par l’oubli de l’origine de son bonheur. Le traité sur le Ps 124, plaidoyer en faveur d’une recherche du sens spirituel des Écritures – alors que la destruction de Jérusalem empêche une lecture littérale –, identifie la « montagne » de Sion à l’Église, jouissant de la contemplation du Christ et de l’aide de Dieu à travers les persécutions. C’est l’occasion pour Hilaire d’une sorte d’envolée lyrique (Sur le Ps 124, § 3-4, p. 223-225) comme il y en a peu, il faut le dire, dans ce commentaire quasi mot-à-mot ; méditant sur Ps 124, 1 – Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion –, il considère « le Seigneur, montagne devenue pierre et pierre redevenue montagne », par le double mouvement de l’Incarnation et de la Passion glorieuse, montagne

    dans laquelle nous nous contemplons nous-mêmes, car il a pris notre chair et notre corps. En lui, en effet, nous contemplons notre résurrection dans la résurrection de notre corps en lui. (…) Suivons l’Apôtre, suivons l’Évangile, suivons le prophète ! Mettons notre confiance dans le Seigneur, pour devenir semblables au corps de gloire de Dieu. Habitons maintenant l’Église, la Jérusalem céleste, de manière à être inébranlables à jamais. En habitant l’une, nous habiterons aussi l’autre, parce que celle-ci est la forme de celle-là. (…) L’une est céleste et l’autre est céleste ; l’une est Jérusalem et l’autre est Jérusalem.

    Ici l’exégète parvient à surprendre son lecteur en transformant l’antithèse en une identification quasiment parfaite – tout en maniant avec art le mot forma, comme il le fait en christologie.

    Le traité sur le Ps 125 développe pour sa part « l’action de grâces de l’âme qui revient de la captivité des vices à la liberté donnée par la connaissance de Dieu ». Le traité sur le Ps 126, enfin, revient sur le thème de la maison de Dieu, qui n’est pas la Jérusalem terrestre donc, mais le Temple spirituel des croyants, la cité immatérielle rassemblant toutes les nations et tous les âges. Sa construction ne peut se faire sans souffrance, ni même sans le passage par la mort : les qualificatifs « céleste » et « spirituel » ne signifient pas « désincarné ».

    Dans l’attente des degrés suivants, nous ne pouvons qu’encourager P. Descourtieux à poursuivre son ascension, au-delà même du psaume 133, sommet des psaumes des montées.

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