• SC 584

    Grégoire de Nysse

    Réfutation de la Profession de foi d'Eunome
    précédée de la Profession de foi d'Eunome

    septembre 2016

    Réfutation : texte grec de W. Jaeger (GNO II) ; introduction et notes de Raymond Winling ; traduction de Michel Van Parys, Higoumène de Grottaferrata. – Profession de Foi : texte grec de R.P. Vaggione ; introduction, traduction et notes de Raymond Winling.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    Révision assurée par Catherine Syre.
    ISBN : 9782204116411
    334 pages
    Un condensé de la théologie trinitaire par le génial évêque de Nysse.

    Présentation

    Dans les années 380, malgré le concile de Constantinople, la paix doctrinale ne s’est pas imposée partout, et les factions demeurent. L’empereur Théodose ayant demandé à chacun de leurs représentants une profession de foi écrite, Eunome envoie la sienne. Ce texte illustre toujours l’arianisme le plus dur et le plus élaboré philosophiquement, mais il est plus lisible et plus biblique que les apologies jusque là rédigées par Eunome. Du coup, une fois de plus, Grégoire de Nysse a repris la plume pour réfuter son ennemi. Il le fait de façon plus simple et plus synthétique ici que dans son très long traité Contre Eunome.
    Le lecteur trouvera donc dans ce volume, après la Profession de foi d’Eunome lui-même, sa réfutation incisive par le Cappadocien. La hauteur prise par Grégoire lui inspire de belles pages sur le salut, sur les noms trinitaires, et sur la juste manière de lire et comprendre l’Écriture, qui ne sont pas sans rappeler son beau Discours catéchétique (SC 453).

    Raymond Winling, professeur émérite de l’Université de Strasbourg, spécialiste de théologie patristique, a déjà publié dans la collection plusieurs œuvres de Grégoire de Nysse : le Discours catéchétique (SC 453), et les deux premiers livres du Contre Eunome (SC 521, 524 et 551).

    Le mot du directeur de Collection

    La Collection a déjà publié les Contre Eunome de Basile et (en partie) de Grégoire de Nysse, qui réfutent les Apologies de l’hérétique anoméen et manient une dialectique serrée et un langage technique. Lorsqu’en 383 l’empereur Théodose demande aux principaux « chefs de partis » théologiques une profession de foi, Eunome produit un texte plus biblique et moins technique que ses précédentes Apologies. Il provoque, de la part de Grégoire de Nysse, une nouvelle réfutation. Le lecteur trouvera ici, après une introduction générale, d’abord le texte d’Eunome, assez bref, puis sa réfutation par le Cappadocien. La Profession de foi d’Eunome s’inscrit dans la tradition arienne d’un langage biblique plutôt archaïque, une façon de ne pas recevoir les acquis théologiques de Nicée. Eunome insiste sur la singularité de Dieu, qui est le Père seul ; le Fils est, comme Premier-né, ontologiquement lié à la création plutôt qu’au Père, et l’Esprit est soumis au Fils dans son être comme dans son activité. En face Grégoire rappelle ce qu’est une règle de foi : ce n’est pas par hasard que nous avons un credo, il nous vient des apôtres, témoins du Christ. C’est à leur enseignement que chaque croyant doit confronter sa foi, et celle d’Eunome n’y correspond pas ; ce qu’il dit sur Dieu le Père ne vise qu’à écarter de lui le Fils et non à l’honorer. Grégoire reprend la formule baptismale de Mt 28, 19 et montre qu’Eunome tord les textes et nie l’évidence pour enseigner l’anoméisme, qui ne peut s’appuyer sur aucun verset biblique ; Père, Fils et Esprit saint agissent ensemble en toute chose, le rôle médiateur du Fils n’en fait pas un inférieur, et l’Esprit ne fait pas partie de la création soumise. Tous les titres du Fils et de l’Esprit plaident au contraire pour leur égalité avec le Père : tel est l’enseignement de l’Écriture quand on la respecte et qu’on la reçoit sans mutiler ni manipuler. La logique vient épauler l’interprétation de l’Écriture pour mieux réfuter Eunome : les trois personnes ne divisent pas l’unique substance ; la notion de génération montre l’égalité du Père et du Fils puisque le Père donne au Fils tout ce qu’il est lui-même. Des versets traditionnellement invoqués par les ariens sont restitués dans leur juste interprétation. Une section christologique montre que le salut suppose la pleine et entière humanité du sauveur, âme comprise. La fin est consacrée à l’Esprit. Cette Réfutation offre une sorte de compendium de la doctrine trinitaire de Grégoire et de son argumentation antiarienne, enracinées dans l’Écriture et éclairées par un souci de synthèse qui revient toujours aux notions fondamentales de révélation, de tradition et de salut, faisant de cette œuvre de controverse un texte à l’allure plus catéchétique et plus lisible que d’autres œuvres du même auteur.

    (B. Meunier, 2016)

    Bernard Meunier

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