• SC 580

    Jean de Bolnisi

    Homélies
    des dimanches de Carême suivant la tradition de Jérusalem et autres homélies (I-XIV)

    décembre 2015

    Texte géorgien de S. Sardjveladze (I-X), T. Mgaloblišvili (XI et XIV), E. KoÇlamazašvili (XII-XIII) ; introduction, traduction, choix des variantes et notes de Stéphane Verhelst. — Ouvrage réalisé grâce au soutien du Fonds ­national suisse de la recherche scientifique, de l’Œuvre d’Orient et du Centre National du Livre.

    Ouvrage publié avec le concours du Fonds ­national suisse de la recherche scientifique, de l'Œuvre d'Orient et du Centre National du Livre.
    Révision assurée par Marie-Gabrielle GuérardYasmine Ech Chael.
    ISBN : 9782204106528
    600 pages
    Un carême en Géorgie, au début du 9e siècle, dans une liturgie héritière de celle de Jérusalem.

    Présentation

    Les treize homélies en géorgien qu’offre ce volume datent probablement du début du IXe siècle et sont traduites pour la première fois en français. Leur auteur, Jean de Bolnisi, évêque dans le Caucase, n’est pas autrement connu ; mais son œuvre, un peu comme le Journal de voyage d’Égérie 500 ans plus tôt, est un reflet fidèle de la liturgie ancienne de Jérusalem, que pratiquait encore la Géorgie à l’époque de Jean avant qu’elle ne s’aligne, deux siècles plus tard, sur la liturgie de Constantinople. Cet homéliaire est de plus l’unique collection patristique complète que nous ayons sur les évangiles des dimanches de Carême, augmentée de trois autres homélies (sur l’épiscopat, pour la Dédicace, pour Pâques).
    L’introduction rassemble tous les éléments disponibles sur l’auteur, sa culture, ses sources – y compris dans l’homilétique juive –, la liturgie qu’il célèbre, et sur l’organisation du Carême et de son lectionnaire, en retraçant autant qu’il est possible son histoire, de Jérusalem à Byzance.

    Stéphane Verhelst travaille sur la liturgie de Jérusalem à travers les sources géorgiennes depuis une vingtaine d’années, après des études de Philosophie et Lettres à l’Université Catholique de Louvain, une thèse de doctorat à l’Université hébraïque de Jérusalem et un projet de recherche du Fonds national suisse de la recherche scientifique. Marié, père de deux enfants, il enseigne dans une école fribourgeoise.

    Le mot du directeur de Collection

    C’est la première fois que la collection publie un auteur géorgien, avec le texte ! Ce fut pour nous une prouesse, et nous avons heureusement été bien aidés notamment par notre collègue Bernard Outtier, personne parmi nous ne connaissant le géorgien.
    Jean, évêque de Bolnisi au début du IXe siècle, fournit avec ces homélies de carême un témoignage important sur la liturgie ancienne de Jérusalem, dont on sait que les liturgies arménienne et géorgienne sont de bons reflets puisqu’elles sont issues d’elle à une époque ancienne, avant que les réformes byzantines n’en modifient profondément la forme. Les liturgistes trouveront donc grand intérêt à ce volume, autant que les historiens et les théologiens. Nous avons là l’unique document sur l’organisation du temps et des lectures de Carême à l’époque ancienne, même si l’auteur est tardif. L’introduction fait le point sur ces questions et insiste sur les racines judéo-chrétiennes anciennes dont la forme de ces homélies reste un témoin. À lire ces prédications, on est frappé par deux choses : d’une part, l’abondance des citations scripturaires qui tissent le discours en un maillage serré ; d’autre part, le goût de l’auteur pour raconter le texte biblique plutôt que de l’expliquer, ce qui est la marque de bien des auteurs orientaux qui préfèrent le genre narratif ou poétique au genre dialectique pour toucher les esprits.
    En guise de mise en bouche, voici un extrait de la première homélie, sur le jeûne :

    « Par le jeûne, Moïse fut rendu digne de recevoir les tables de la loi écrites du doigt de Dieu. Élie jeûnait et s’entretenait avec Dieu à l’Horeb. Par le jeûne, trois enfants éteignirent la flamme du feu. Par le jeûne, Daniel ferma la gueule des lions. Par le jeûne, Anne demanda Samuel. Par le jeûne fut enfanté saint Jean, précurseur et baptiste. (…) Le jeûne est le guide de la virginité. Le jeûne est la pureté des mariés. Le jeûne est le chemin du Royaume. Le jeûne est l’échelle qui monte vers le ciel. Car le ventre plein comme un navire alourdi est facilement submergé par les vagues. Mais comme un aigle à jeun tout à coup s’envole vers les airs et échappe aux chasseurs, semblablement le ventre à jeun et vide s’échappe facilement des erreurs du démon » (Homélie 1, 30-32.36-38).

    (B. Meunier, 2015)

    Bernard Meunier

Volumes SC connexes