• SC 553

    Amphiloque d'Iconium

    Homélies, tome II
    Homélies 6-10. Fragments divers. Épître synodale. Lettre à Séleucos

    novembre 2012

    Traduction, notes et index par Michel Bonnet. — Avec la collaboration de Sever J. Voicu.

    Révision assurée par Catherine Syre.
    ISBN : 9782204099806
    389 pages
    « Une seule parole, beaucoup de miracles » : brillant orateur que ce « quatrième mousquetaire » cappadocien !

    Présentation

    Amphiloque, évêque d'Iconium en Cappadoce, ami et disciple de Basile, est aujourd'hui un inconnu. Il fut dans l'Antiquité très cité et imité, et jouissait d'une belle réputation de prédicateur. La présente édition, appelée à faire référence, regroupe toutes ses homélies – même celles dont l'authenticité est contestée – et tous les fragments retrouvés, y compris en version syriaque. Le texte grec lui-même a été amélioré sur plus d'un point et s'accompagne de la première traduction française intégrale.

    Les homélies qu'on trouvera dans cet ensemble de deux volumes (n° 552 et n° 553) ont été prononcées pour des temps liturgiques précis (Noël, Pâques) ou pour commenter des récits évangéliques (la rencontre de Syméon au Temple, la résurrection de Lazare, Zachée, la pécheresse) ; d'autres enfin pour lutter contre l'hérésie arienne. Partout le lecteur découvrira une éloquence vive et saisissante, n'hésitant pas à mettre en scène les personnages pour créer un fort effet dramatique. En parcourant ce recueil, le lecteur comprendra pourquoi Amphiloque fut longtemps considéré comme un maître de l'éloquence chrétienne.

    Michel Bonnet, professeur d’histoire honoraire, ancien chargé de cours à l’Université de Grenoble 2, a consacré des années de recherches à Amphiloque.
    Sever Voicu, ancien scriptor à la Vaticane, enseigne la patristique grecque à l’Augustinianum de Rome.

    Le mot du directeur de Collection

    Amphiloque, évêque d’Iconium en Cappadoce à la fin du IVe siècle, est pour la plupart aujourd’hui un inconnu. Il fut pourtant, pendant toute l’Antiquité, célèbre pour son éloquence. Ses homélies révèlent un grand art de la mise en scène dramatique. Mais il a été éclipsé par de trop grands amis : Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze, auxquels pourtant saint Jérôme le comparait. Il a consacré comme ceux-ci beaucoup d’efforts à réfuter l’arianisme. La présente édition renouvelle le texte critique de plusieurs homélies et ajoute des fragments, ainsi qu’un sermon en syriaque.
    Le mieux est d’écouter Amphiloque prêcher, en proposant quelques extraits de ses homélies qui sont autant de beaux morceaux oratoires. Dans l’homélie 3 par exemple, l’auteur commente la résurrection de Lazare en insistant sur la divinité du Christ :

    « 'Lazare, ici, dehors !' Ami, toi qui entends cela, ne va pas penser que le Seigneur a eu à supplier en pleurant comme Élie, qu’il a été dans l’embarras comme Élisée… Une seule parole, beaucoup de miracles. 'Lazare, ici dehors', et les chairs se raffermissent, les cheveux repoussent, les articulations se relient entre elles, les veines se remplissent à nouveau d’un sang pur… Et le plus fort : l’âme captive, rappelée par les anges, revenait se fondre dans ce corps, qui était à elle et elle à lui ».

    L’homélie 1 célèbre la naissance du Christ :

    « Par elle le ciel s’est ouvert et la terre s’est soulevée vers la hauteur divine, par elle le paradis a été rendu aux hommes et l’empire de la mort aboli, par elle la puissance de la corruption a été piétinée et la vénération fatale du diable a pris fin… ».

    Dans l’homélie 5 sur le Samedi saint, Amphiloque médite sur le paradoxe de ce Dieu souffrant :

    « Le créateur acceptait cet outrage, ceinturé de liens, lui qui a ceinturé de sable la mer, abreuvé de fiel, lui qui fit don des sources de miel, couronné d’épines, lui qui a couronné la terre de fleurs, couvert de crachats, ce visage que les chérubins ne peuvent regarder… ».

    Qu’il s’agisse de la Mère de Dieu, de Zachée, de la femme pécheresse, l’évêque excelle dans l’art de donner à voir, de faire ressentir, de projeter son auditoire dans la scène évoquée, pour le rendre contemporain de l’évangile et le mettre en présence du Christ. émouvoir et convertir à la vraie foi, telle est la mission que le compagnon des grands Cappadociens s’est donnée et qu’il a brillamment remplie.

    (B. Meunier, 2013)

    Bernard Meunier

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