• SC 540

    Jean Damascène

    La Foi orthodoxe, tome I
    45-100

    juin 2011

    Texte critique de l’édition B. Kotter (PTS 12). Traduction et notes par Pierre Ledrux, avec la collaboration de † G.-M. de Durand.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    Révision assurée par Catherine Syre.
    ISBN : 9782204095457
    361 pages
    Un accès à la « Source de la connaissance », ou la grande synthèse de la théologie patristique au 8e siècle.

    Présentation

    En écrivant vers 730/740 La Foi orthodoxe, Jean Damascène, le dernier des Pères de l'Église selon la tradition, ouvrait la voie aux grandes synthèses doctrinales du Moyen Âge, tant en Orient qu'en Occident. Son œuvre, traduite en latin au XIIe siècle, sera beaucoup citée par Thomas d'Aquin dans sa Somme.

    D'Irénée à Maxime le Confesseur en passant par les Cappadociens et Jean Chrysostome, Jean Damascène a recueilli toute la tradition des premiers siècles chrétiens. Il synthétise cet héritage de l'Antiquité chrétienne pour le transmettre à un Orient désormais dominé par l'islam. Il est lui-même, comme son père et son grand-père, un haut fonctionnaire du califat de Damas, avant de devenir moine et prêtre en Palestine, où il composera son œuvre théologique.

    Ce second volume contient la christologie, les sacrements et le culte, l'Écriture, et diverses questions anthropologiques comme le mal et la liberté, avant de s'ouvrir sur l'eschatologie.

    P. Ledrux est ancien élève de l'ENSET et ancien professeur à l'ENSAA.

    G.-M. de Durand, o.p., était professeur honoraire à l'Université de Montréal. Il a publié plusieurs volumes de la collection (Cyrille d'Alexandrie, Hilaire de Poitiers).

    Le mot des Sources Chrétiennes

    Voici la fin du grand œuvre de Jean Damascène, tant attendu dans la collection. Les chapitres 45 à 100 de La Foi orthodoxe traitent de la christologie, des sacrements et du culte, de l'écriture, du mal, des rites juifs, de la fin des temps. Jean y synthétise l'enseignement des Pères, sur le Christ – après deux siècles au moins de controverses, dont Jean qui connaît bien le dossier tire un enseignement complet et équilibré –, sur le baptême et l'eucharistie, sur Marie mère de Dieu, le culte des images, la résurrection... Toute la théologie et la symbolique des œuvres patristiques antérieures y est reprise. On voit l'intérêt de cette petite Somme (à ne pas trop comparer avec celle de saint Thomas, conçue différemment, mais qui néanmoins lui doit beaucoup et la cite souvent).

    Contentons-nous de cueillir en passant quelques idées saillantes. « La prière, c'est la pensée qui monte vers Dieu » (68) ; à propos de la communion : « Avançons vers lui avec un désir ardent, disposons nos mains en forme de croix et recevons le corps du crucifié... recevons la divine braise afin qu'en nous le feu du désir consume nos péchés et illumine nos cœurs » (86) ; il y aura une résurrection des corps... l'âme n'a pas eu une existence séparée, elle n'a pas pratiqué vertu ou vice sans le corps ; il est juste que corps et âme accèdent ensemble à la récompense (100).

    Bernard Meunier

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Les chapitres 45-100 contiennent les chapitres relatifs à l’« économie » – la christologie – (45-81), où le Damascène, tout en se montrant largement tributaire de Maxime le Confesseur, établit en philosophe (les citations de l’Écriture y sont rares) le caractère unique de la personne du Fils ; pour achever la centurie, quelques chapitres (82-100) sont consacrés à la vie en Christ dans l’Église (sacrements) et dans le monde (problème du mal, libre arbitre, etc.).

    Extrait(s)

    70 (III, 26)

    Passibilité du corps du Seigneur et impassibilité de sa divinité

    Le Verbe de Dieu en personne a donc tout éprouvé par sa chair, tandis que sa nature divine, seule à être impassible, demeurait impassible. Car l’unique Christ, composé qu’il est de divinité et d’humanité, étant dans la condition divine et dans la condition humaine, quand il souffrait, subissait cette souffrance quant à ce qu’il avait de passible, de soumis par nature à la souffrance, mais ne souffrait pas en même temps quant à ce qu’il avait d’impassible. Car l’âme est passible et partant, quand le corps est coupé, alors qu’elle ne l’est pas, subit la douleur et la souffrance avec le corps ; en revanche la divinité, étant impassible, n’a pas subi la souffrance en même temps que le corps.

    Il faut savoir par ailleurs que nous disons : Dieu a souffert par la chair, mais absolument pas : la divinité souffre par la chair ou : Dieu a souffert par l’intermédiaire de la chair. Il en va comme du soleil quand il éclaire un arbre et qu’une hache coupe cet arbre ; le soleil reste sans coupure et impassible ; à plus forte raison la divinité impassible du Verbe, unie selon l’hypostase à la chair, reste-t-elle impassible quand la chair souffre. Ainsi également quand on verse de l’eau sur le fer rougi au feu, l’un des deux est soumis par nature à l’action de l’eau (j’entends le feu, qui s’éteint), le fer lui demeure sans dommage (car il n’est pas dans sa nature d’être détruit par l’eau). À plus forte raison, quand la chair souffrait, la divinité, seule à être impassible, ne se laissait pas atteindre par la souffrance, même si elle restait inséparable de la chair. Car il n’est pas nécessaire que les exemples aient une ressemblance parfaite et sans défaut. Il est nécessaire dans les exemples de considérer et l’élément de ressemblance et la dissimilarité sans laquelle il n’y a pas d’exemple. Car une similitude de tout point serait une identité et n’aurait pas valeur d’exemple, surtout dans les choses divines. On ne saurait en effet trouver un exemple de tout point semblable tant dans le cas de la théologie que dans celui de l’économie.

    Errata

    Page

    Localisation

    Texte concerné

    Correction

    Remarques

    180

    n. 3

    cappadociens

    Cappadociens

     

    195

    l. 7

    manifestée

    manifestée,

     

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