• SC 533

    Raban MaurClaude de Turin

    Deux commentaires sur le Livre de Ruth

    décembre 2009

    Texte latin par G. Colvener et I.M. Douglas. — Introduction, traduction, notes et index par Pierre Monat.

    Révision assurée par Blandine Sauvlet.
    ISBN : 9782204091817
    189 pages
    L'aïeule du Christ, vue au 9e siècle par deux élèves d'Alcuin, amateurs d'allégories.

    Présentation

    Raban Maur et Claude de Turin étaient tous deux élèves d'Alcuin. Dans son école, à l'époque de la Renaissance carolingienne, on pratiquait de nouvelles méthodes d'étude de l'Écriture : sans négliger l'explication littérale des textes, on faisait la part belle aux commentaires des Pères, mais surtout une grande place était laissée aux questions des élèves et aux réponses du maître. Ce sont les traces de ces « travaux dirigés » que l'on retrouve ici.
    Le Commentaire de Raban suit le texte pas à pas : il est le triomphe d'une exégèse allégorique fondée sur les étymologies, la gématrie et la symbolique de détails parfois minimes, éclairés par d'autres passages de l'Écriture.
    Le Commentaire de Claude laisse de côté de nombreux passages ; tout aussi allégorique, il offre en outre une coloration polémique, utilisant toutes les faiblesses des personnages du livre pour dénoncer des trahisons de la Synagogue. Dans les deux cas, il s'agit de proposer non pas une simple explication, mais de multiples aperçus qui ouvriront la voie à la lectio divina.

    Pierre Monat, Professeur honoraire de l'Université de Franche-Comté,  a déjà publié, dans la collection Sources Chrétiennes, les livres 1, 2, 4 et 5 des Institutions divines de Lactance. Il a en outre participé à l'édition, dans la même collection, de l'Histoire ecclésiastique de Bède le Vénérable.

    Le mot du directeur de Collection

    Il faut attendre le neuvième siècle, avec ces deux disciples d'Alcuin, vers 820, pour trouver les premiers commentaires sur le livre de Ruth, qu'aucun auteur chrétien ne semble avoir commenté dans l'Antiquité. Pourtant, on a l'impression en lisant ces deux œuvres qu'elles ont utilisé d'autres lectures de Ruth faites avant elles, mais dont nous n'avons pas gardé trace. Les deux commentaires sont brefs et n'essaient pas de tout expliquer. Les auteurs se livrent avec délices à la lecture allégorique, en proposant en général plusieurs sens pour un verset. C'est ainsi que Noémi, la veuve qui n'espère plus d'enfants, peut désigner la synagogue délaissée par Dieu ; mais quand elle dit à ses brus : « Ne me suivez pas, rentrez dans votre pays », elle représente aussi l'église qui éprouve les dispositions des disciples, car c'est une affaire sérieuse que de suivre le Christ, et ce choix doit être fait en toute liberté et pleine conscience (commentaire de Raban, chap. 3). De même, au chapitre suivant, quand Noémi se surnomme Mara, l'amère, c'est à la fois l'église qui souffre persécution, et la Synagogue qui regrette son refus du Christ... Au chap. 8, quand Ruth rapporte les épis à Noémi, « c'est l'Église qui rend à sa mère, la Synagogue, la grâce qu'elle a reçue par le don de son époux, voulant ainsi l'appeler à la foi et se réjouir avec elle du don accordé ». On notera ce regard sur le judaïsme, critique mais sans animosité.

    (B. Meunier, 2010)

    Bernard Meunier

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    Remarques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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