• SC 516

    Sozomène

    Histoire ecclésiastique, tome IV
    Livres VII-IX

    avril 2008

    Texte grec de l'édition J. Bidez – G.C. Hansen (GCS). — Introduction par Guy Sabbah. — Annotation par Laurent Angliviel de la Beaumelle et Guy Sabbah. — Traduction par  † André-Jean Festugière, o.p. et Bernard Grillet.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    Révision assurée par Jean Reynard.
    ISBN : 9782204085816
    488 pages
    De la conversion de l'empereur Constantin en 324 au règne de Théodose II en 439, une nouvelle « histoire ecclésiastique ».

    Présentation

    Les trois derniers livres de l'Histoire ecclésiastique de Sozomène rapportent l'histoire de l'Église et celle de l'Empire chrétien pendant une cinquantaine d'années (379-ca 425) sous les représentants successifs de la dynastie théodosienne, Théodose le Grand, ses fils Arcadius en Orient et Honorius en Occident, son petit-fils Théodose II dirigé par sa sœur aînée Pulchérie, la plus rayonnante des brillantes princesses de l'âge théodosien.
    Si l'ouvrage se présente aujourd'hui inachevé, son indéniable intérêt historique et son charme littéraire tiennent au fait qu'il réunit deux points de vue aussi éloignés que celui de la Palestine profonde, le lieu des origines de Sozomène, et celui de la radieuse Constantinople où il a vécu, exercé sa profession d'avocat et surtout écrit. Son Histoire nous offre le bonheur assez rare de les voir rassemblés en un même tableau et de pouvoir les mettre en résonance, sans que le récit sacrifie l'un à l'autre le côté officiel incarné par les empereurs et le penchant spirituel représenté par l'évêque et « martyr » Jean Chrysostome.
    Entre Béthélea, près de Gaza, sa « petite patrie », et Constantinople, la capitale politique, culturelle et religieuse, son Histoire se déploie en une vaste et harmonieuse synthèse qui embrasse sans disparate le désert silencieux peuplé par la méditation des moines et les passions tumultueuses de la « Nouvelle Rome ».


    The three last Books of Sozomen’s Historia Ecclesiastica tell the history of the Church and of the Christian Empire during a fifty-year period (379 – c. 425) under the successive representatives of the Theodosian dynasty: Theodosius the Great, his sons Arcadius in the East and Honorius in the West, his grandson Theodosius II governed by his eldest sister Pulcheria, the most charismatic and brilliant princess of the Theodosian age. Although the book today remains unfinished, its irrefutable historical interest and literary charm lie in the fact that it assembles two diverse viewpoints: that of deepest Palestine, Sozomen’s place of birth; and the radiant Constantinople where he lived, practiced his profession as a lawyer and above all, wrote. His History brings us the rare pleasure of seeing them united in the same picture, echoing one another, while the narrative sacrifices neither the officialdom incarnated by the emperors, nor the spiritual penchant represented by the Bishop and ‘martyr’, Jean Chrysostome. From Bethelia, near Gaza, his ‘little homeland’, to Constantinople, the political, cultural and religious capital, his ‘History’ unfolds into a vast, harmonious synthesis which embraces the silent desert, inhabited by the meditation of monks, and the tumultuous passions of the ‘New Rome’.

    La traduction est l'œuvre du P. A.-J. Festugière, o.p. (†1982), et de B. Grillet. L'introduction est due à G. Sabbah, l'annotation à L. Angliviel de la Beaumelle (Livres VII-VIII) et G. Sabbah (Livre IX).

    Le mot du directeur de Collection

    Ce quatrième volume clôt l'édition à Sources Chrétiennes de l'Histoire ecclésiastique de Sozomène, l'une de nos principales sources, avec Socrate, Théodoret et Rufin, sur le IVe siècle chrétien si riche en événements. Ces derniers livres traitent de la période qui va de la mort de Valens, le dernier empereur arien (378), jusqu'au commencement du règne de Théodose II sous la quasi-régence de Pulchérie, au début du Ve siècle (vers 410) ; c'est l'empereur qui règne encore quand Sozomène écrit son Histoire, c'est dire qu'il raconte ici des événements qui lui sont presque contemporains ; il aime invoquer des témoins oculaires plutôt que des documents comme il le faisait dans les livres précédents ; et il est fier, parfois, de pouvoir citer des traditions orales de sa propre famille, ce qui donne à son Histoire un tour plus personnel. Le livre 7 permet à Sozomène de décrire le triomphe de l'orthodoxie nicéenne après des décennies de combat ; au milieu du livre, le récit de la destruction du Serapeum symbolise cette victoire de la vraie foi, marquant une sorte de point culminant, comme le montre G. Sabbah dans l'introduction. Le livre 8 est presque entièrement consacré à Jean Chrysostome. Le livre 9, inachevé, alterne affaires religieuses concernant l'Orient, et affaires politico-militaires concernant l'Occident, selon le procédé comparatif, cher à Sozomène, entre les deux parties de l'Empire dont on prend alors conscience qu'elles sont en train de s'éloigner l'une de l'autre. Ainsi est campée, de manière riche et vivante, la toile de fond sur laquelle le christianisme continue à progresser en transformant l'histoire elle-même, thèse chère à l'auteur. On appréciera de belles pages, sur Chrysostome, Ambroise, Épiphane et bien d'autres acteurs de l'histoire, ainsi que des anecdotes dûment choisies, dont quelques récits de miracles, attestant le pouvoir de tel martyr et de ses reliques : à n'en plus douter, l'histoire est habitée par Dieu.

    Bernard Meunier

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Les livres VII et VIII retracent l’histoire de l’église à partir de 375 sous Gratien et Valentinien, Théodose Ier, Arcadius et Honorius, et le livre IX est consacré à l’empereur régnant, Théodose II, pour s’achever beaucoup plus tôt qu’annoncé, vers 414 (au lieu de 439), avec quelques allusions à des événements un peu plus tardifs. Le livre VII est centré sur l’empereur Théodose Ier, le grand défenseur de l’orthodoxie, qui entre en scène dès le chapitre 2, reçoit le baptême des mains d’un nicéen au chapitre 4, promulgue l’édit de Thessalonique (28 février 380) qui impose l’orthodoxie nicéenne. Rapidement sont évoquées les péripéties de l’église de Constantinople (épiscopat éphémère de Grégoire de Nazianze, puis de Nectaire) et du concile de 381. Partout les hérésies sont pourchassées, la paix s’établit, même à Antioche. à Alexandrie le Serapeum est détruit en 391, symbole du règne universel de la vraie foi victorieuse des idoles. Sozomène traite, plus rapidement, d’événements civils comme l’affaire des statues impériales détruites à Antioche ou l’usurpation d’Eugène en Occident après la mort de Valentinien II, avant de mettre en scène quelques évêques d’Orient et d’Occident : Ambroise, Donat, épiphane, Acace… Il achève le livre VII par la mort de Théodose.

    Le livre VIII est presque entièrement consacré à Jean Chrysostome et raconte son épiscopat à Constantinople, sa prédication, son action en Orient, jusqu’à son exil et sa mort malgré l’intervention d’Innocent de Rome, non sans mentionner ses ennemis politiques et ecclésiastiques (Théophile d’Alexandrie, épiphane de Salamine), le synode du Chêne et les malheurs du peuple après son expulsion. En même temps sont abordées quelques questions de doctrine : la lutte contre l’arianisme encore, l’anthropomorphisme, auquel Jean s’est trouvé mêlé via les Longs Frères. Une petite place est donnée aux affaires du monde : au début du livre, ce qui s’est passé après la mort de Théodose, la tentative d’usurpation du barbare Gainas ; à la fin, les Huns et l’action du général Stilichon.

    Le livre IX, peut-être laissé interrompu par l’auteur ou censuré par le pouvoir impérial (c’est en débat), se rapporte au début du règne de Théodose II et donne une part plus grande aux événements politiques. Il commence avec l’accession de Théodose au pouvoir, met en avant sa sœur aînée Pulchérie qui exerce une sorte de régence, puis passe à l’Occident sous Honorius, avec les guerres et la prise de Rome par Alaric en 410, les usurpations, les invasions. On revient alors en Orient, simplement pour insister sur la paix qui y règne, par contraste avec l’Occident, et raconter la découverte du corps du prophète Zacharie (en confondant deux Zacharie bibliques). Le livre est inachevé.

    Extrait(s)

    (HE VII, 19, 2-6, p. 169-171)

    « Il est facile de constater que les mêmes traditions ne sont pas en tout semblables dans toutes les églises, même si l’on est d’accord sur la foi. Par exemple les Scythes, bien qu’ils représentent beaucoup de villes, n’ont pourtant pour eux tous qu’un seul évêque ; dans d’autres provinces, c’est parfois jusque dans des villages que des évêques exercent le culte, comme chez les Arabes et à Chypre, ainsi que je l'ai appris, et chez les novatiens et montanistes de Phrygie. à Rome, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas plus de sept diacres, à la ressemblance des diacres ordonnés par les Apôtres, dont fut Étienne le premier martyr ; chez les autres, le nombre de diacres est indifférent. (…)

    Ni l’évêque ni aucun autre ne prêche à Rome à l’église, à Alexandrie en revanche l’évêque de la ville prêche, lui seul. Cette coutume, qui n’existait pas antérieurement, fut introduite, dit-on, du jour où Arius, qui était prêtre, se mit à innover en discutant sur le dogme. Et voici encore une chose étrange chez ces Alexandrins : l’évêque ne se lève pas durant la lecture de l’évangile ; je n’ai vu cela ni ne l’ai entendu dire nulle part ailleurs. »

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