• SC 506

    Socrate de Constantinople

    Histoire ecclésiastique, Livre VII

    février 2007

    Texte grec de l'édition G.C. Hansen (GCS). — Traduction par † Pierre Périchon, s.j. et Pierre Maraval. — Introduction, notes et index par Pierre Maraval.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    ISBN : 9782204081719
    224 pages
    De 305 à 439, une histoire « des Églises », par un constantinopolitain membre d'une Église dissidente.

    Présentation

    Le livre VII de l'Histoire ecclésiastique de Socrate couvre le règne de l'empereur Théodose II jusqu'en 438, où l'historien met volontairement un terme à son récit. Les données d'histoire profane y sont plus nombreuses. Plusieurs chapitres concernent les juifs ; quelques-uns sont révélateurs de la dégradation des rapports entre juifs et chrétiens, attestée aussi par plusieurs lois de Théodose II.
    Les données d'histoire proprement ecclésiastique sont de caractère très divers. La plupart concernent des évêques, le plus souvent ceux des grands sièges. Plusieurs chapitres, généralement critiques, mettent en scène Cyrille d'Alexandrie. L'assassinat d'Hypatie est relaté sans que lui soit attribuée une responsabilité directe, mais Socrate relève que ce meurtre lui valut un grand blâme, ainsi qu'à son Église.
    Les données qui concernent Constantinople sont les plus fournies. Socrate parle longuement des cinq évêques qui se succèdent sur le siège de la capitale durant cette période. Dans ce livre surtout, le novatien Socrate insiste sur leur attitude envers les Églises dissidentes et blâme ceux qui les persécutent. Or ces persécutions pouvaient s'appuyer sur un arsenal législatif sans cesse renouvelé et durci depuis Théodose Ier, dont l'historien pourtant ne dit mot. Ainsi Nestorius est critiqué pour avoir persécuté les dissidents ; en revanche, Proclos, toujours en place au moment où Socrate écrit son ouvrage, est loué pour son attitude qui consiste à les gagner par la patience plutôt que par la force. De l'empereur aussi, Socrate loue la douceur, s'efforçant de faire croire qu'il n'est pour rien dans la politique de répression. Son ouvrage est ainsi un appel à la tolérance, facteur de paix dans tous les domaines, un manifeste pour la liberté religieuse.

    Pierre Maraval est professeur émérite d'histoire des religions de l'Université Paris IV-Sorbonne. Il a publié des éditions et traductions de textes anciens (dont les Sources Chrétiennes 178, 296, 363, 477 et 493) et divers ouvrages sur l'histoire du christianisme des premiers siècles.

    Le mot du directeur de Collection

    De Socrate de Constantinople, l’édition de l’Histoire ecclésiastique s’achève avec la publication de deux volumes, l’un contenant les livres IV-VI (SC 505, 362 pages), l’autre le livre VII et les index de l’ensemble de l’ouvrage (SC 506, 232 pages).

    Le livre VII, le dernier de l'Histoire ecclésiastique de Socrate, couvre le règne de l'empereur Théodose II jusqu'en 438, date à laquelle l'historien met fin à son récit sans s'expliquer sur le choix de cette date. Socrate y accorde une place plus grande que dans les livres précédents à l'histoire événementielle profane, sans doute parce qu'il a été le témoin de beaucoup d'événements qu'il rapporte et qu'il a connu plusieurs des personnages dont il parle. L'éloge de l'empereur Théodose, dont il loue la politique pacifique et tolérante, relève certes du genre de l'encomion, mais rejoint un projet historiographique plus général. De fait, retraçant l'histoire des grands sièges ecclésiastiques, Socrate décerne pareillement des éloges à ceux des évêques qui ont su adopter à l'égard des minorités religieuses ou des églises dissidentes, une attitude tolérante. Il n'hésite pas en revanche à se montrer peu favorable à un Cyrille, qu'il juge responsable de l'expulsion des Juifs d'Alexandrie – même si ces derniers sont coupables de s'en être pris aux chrétiens – et dont l'épiscopat reste entaché à ses yeux par le meurtre de la philosophe néo-platonicienne Hypatie, même si la responsabilité n'en incombe pas directement à Cyrille. Il n'épargne pas davantage Nestorius : s'il reconnaît sa sainteté de vie, il réprouve visiblement son attitude hostile à l'égard des dissidents et n'a que peu d'estime pour un personnage jugé sot et ignorant, au point de déclencher un débat théologique qui aboutira à sa déposition au concile d'Éphèse (431). Ses préférences vont aux quatre autres évêques qui occupèrent à cette époque le siège de Constantinople – Attikos, Sisinnios, Maximien et Proclos –, non que tous aient été des hommes remarquables, mais leur tolérance à l'égard des dissidents, notamment novatiens – le groupe auquel appartient Socrate –, leur fait trouver grâce à ses yeux. Ainsi ce livre peut-t-il se lire comme un appel, adressé à l'empereur Théodose et à l'évêque Proclus, à poursuivre une politique générale de paix et de tolérance.
    Un index développé des noms de personnes et de lieux, joint à ce dernier volume, aide à parcourir sans se perdre les sept livres de cette Histoire ecclésiastique et constitue un complément indispensable à l'annotation du texte.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Cf. Bulletin

    Extrait(s)

    Livre VII, 32 (p. 115-117) : le débat sur le terme theotokos

    Un jour, comme [le prêtre] Anastase enseignait dans l'église, il dit : "Que personne n'appelle Marie mère de Dieu, car Marie est un être humain, et il est impossible que Dieu soit né d'un être humain." Entendre cela troubla tous les clercs et laïcs à la fois, car on leur avait appris depuis longtemps à reconnaître la divinité du Christ et à ne mettre absolument aucune séparation entre l'homme de l'économie et la divinité ; ils étaient convaincus par la parole de l'apôtre qui dit : Si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus, et encore : Aussi, laissant l'enseignement sur le Christ, élevons-nous à une doctrine parfaite. Il y eut donc du tumulte dans l'église, comme je l'ai dit, et Nestorius, désireux de confirmer les propos d'Anastase (car il ne voulait pas que celui qu'il estimait soit accusé de blasphème), enseignait continuellement sur cette question dans l'église. (...) Pour moi, qui ai lu les écrits publiés de Nestorius, je trouve que l'homme était un ignorant, et je le dirai avec vérité. Car c'est sans animosité envers lui que j'ai fait mention de ses points faibles (...).

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