• SC 493

    Socrate de Constantinople

    Histoire ecclésiastique, Livres II-III

    juin 2005

    Texte grec de l'édition G.C. Hansen (GCS). — Traduction par † Pierre Périchon, s.j. et Pierre Maraval. — Notes par Pierre Maraval.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    ISBN : 9782204078665
    366 pages
    De 305 à 439, une histoire « des Églises », par un constantinopolitain membre d'une Église dissidente.

    Présentation

    Le livre II de l'Histoire ecclésiastique de Socrate couvre les règnes des fils de Constantin (337-361), le livre III ceux de Julien et Jovien (361-364). Comme dans le livre I, l'histoire générale sert de cadre à l'histoire ecclésiastique. Le livre II mentionne quelques événements politiques, concernant surtout le règne de Constance II. Le livre III s'étend davantage sur Julien et sa politique : un long chapitre relate sa carrière avant son accession à l'empire, sa politique religieuse est aussi longuement rapportée ; l'expédition de Perse et la mort de Julien, l'avènement de Jovien et sa mort, donnent lieu à des récits plus brefs. Mais l'essentiel reste consacré à l'histoire ecclésiastique.
    La crise arienne tient naturellement une place considérable dans ces livres, en particulier dans le livre II. Plusieurs des nombreux conciles qui suivirent celui de Nicée – celui d'Antioche de 341, dit de la Dédicace, ceux de Sardique (343), de Sirmiuin (351 et 357), de Milan (355), de Rimini (359), de Séleucie (359), de Constantinople (360), d'Antioche (361), d'Alexandrie (362), des Macédoniens, d'Antioche (363) donnent lieu à de copieuses notices, plusieurs des confessions de foi qui les préparent ou qu'ils produisent sont citées in extenso. Ces textes souvent mentionnés dans les histoires de la crise arienne, mais rarement lus, sont ici pour la première fois intégralement traduits en français. Dans le livre III, une des mesures de Julien, l'interdiction faite aux chrétiens d'enseigner, donne à Socrate l'occasion d'un long excursus qui est un vibrant plaidoyer pour la culture classique.

    Pierre Maraval est professeur émérite d'histoire des religions de l'Université Paris IV-Sorbonne. Il a publié des éditions et traductions de textes anciens (dont les Sources Chrétiennes 178, 296, 363 et 477) et divers ouvrages sur l'histoire du christianisme des premiers siècles.

    Le mot du directeur de Collection

    Le second tome de l'Histoire ecclésiastique de Socrate de Constantinople (SC 493) contient les livres II et III, qui couvrent respectivement les règnes des fils de Constantin – Constantin II et Constance – soit les années 337 à 361, et les règnes de Julien et Jovien, soit les années 361 à 364. Le texte grec est celui de l'édition G.C. Hansen (GCS), la traduction, celle de Pierre Maraval, professeur émérite à l'Université Paris IV-Sorbonne, et du P. Pierre Périchon, s.j. (†) ; Pierre Maraval a également rédigé les notes de ce volume.
    Ici, l'histoire générale sert essentiellement de cadre à l'histoire ecclésiastique, elle n'est pas l'objet sur lequel l'auteur exerce sa réflexion. Ainsi le livre II est-il principalement une histoire de la crise arienne, dont les nombreux conciles postérieurs à celui de Nicée (325) forment tout à la fois l'armature et la substance, Socrate citant souvent in extenso les confessions de foi et les résolutions auxquelles ils ont donné lieu. Le point de vue adopté par l'auteur, écrit P. Maraval, « est toujours strictement nicéen, et même athanasien » : ainsi Socrate a-t-il contribué, au même titre que ses successeurs, Sozomène et Théodoret, à fixer jusqu'à nos jours l'historiographie « orthodoxe » de cette crise, tout opposant au concile de Nicée étant systématiquement et sans nuance réputé arien.
    Au livre III, la crise arienne reste encore largement évoquée, notamment à l'occasion des mesures prises par l'empereur Julien, dès son avènement, en faveur des évêques exilés : Athanase d'Alexandrie, Lucifer de Cagliari, Eusèbe de Verceil, Mélèce d'Antioche, pour ne citer que les plus connus. Mais Socrate s'y intéresse aussi à la politique religieuse de l'empereur apostat, relatant les mesures prises par lui contre les chrétiens et la persécution, non sanglante mais sournoise, qui vise à les écarter de l'enseignement ou de certaines charges publiques. Il rapporte son acharnement contre le martyr Babylas dont il fait transférer le corps du faubourg de Daphné au cimetière d'Antioche, sous prétexte que la tombe du martyr, proche du temple d'Apollon, est une souillure et empêche le dieu de délivrer ses oracles. Il relate aussi comment, pour faire mentir les prophéties du Christ, Julien ordonne la reconstruction du Temple de Jérusalem. Il insiste sur la vanité de telles mesures : l'incendie du temple d'Apollon à Daphné au lendemain de la translation des restes du martyr, et le tremblement de terre qui renverse les fondations du Temple de Jérusalem, sont autant de preuves que son entreprise de restauration du culte païen est vouée à l'échec. La mort de l'empereur, en juin 363, au début de son expédition contre les Perses, le confirme de façon éclatante. Dans le jugement qu'il porte sur l'homme, Socrate, d'ordinaire plus mesuré, n'est guère plus tendre ou charitable que ne le fut Grégoire de Nazianze dans ses invectives contre Julien, au lendemain de sa disparition : « C'était un homme peu sûr à cause de son ardeur, vaniteux à cause de sa culture, méprisable à cause de sa feinte bienveillance » (III, 21, 16).
    En guise de conclusion sur ce règne, il consacre un long chapitre à la critique de l'éloge de l'empereur Julien par Libanios, le grand sophiste d'Antioche, et cite à dessein le portrait-charge que Grégoire trace de l'empereur dans ses invectives. Celui qu'il fait de Libanios lui-même n'est pas moins cruel :

    « Je sais que s'il (= Libanios) n'avait pas été de même opinion que l'empereur en matière de religion, il aurait dit de lui tout ce que disent les chrétiens, et que vraisemblablement, comme un sophiste qu'il était, il aurait exagéré ce qu'il disait. Puisqu'il écrivait aussi des louanges sur Constance lorsqu'il était en vie, mais que, lorsqu'il fut mort, il déversait sur lui des injures pleines de griefs, il en résulte que, si Porphyre avait été empereur, il aurait préféré ses livres à ceux de Julien, et si Julien avait été sophiste, il aurait dit qu'il était un mauvais sophiste » (III, 23, 3-5).

    Le livre III s'achève avec l'avènement de Jovien, le type du bon empereur – « un homme courageux et de bonne naissance, qui lorsqu'il était tribun et que Julien proposait aux militaires, par une loi, de sacrifier ou de quitter l'armée, avait préféré déposer le ceinturon plutôt que d'obéir à l'ordre impie de l'empereur » (III, 22, 1) – dont la politique religieuse contraste, elle aussi, avec celle de Julien. Le livre se clôt sur la mort soudaine et prématurée de ce « bon empereur » après sept mois de règne et un éloge appuyé de la part de l'historien Socrate : « Les affaires des Romains, les affaires publiques comme celles des églises, auraient connu un heureux sort avec un si bon empereur, si une mort soudaine n'était survenue pour arracher un tel homme aux affaires » (III, 26, 4). Deux autres volumes seront nécessaires pour achever cette publication.

    Jean-Noël Guinot

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