• SC 462

    Hilaire de Poitiers

    La Trinité, tome III
    (Livres IX-XII)

    octobre 2001

    Texte latin de P. Smulders (CCL). — Traduction, notes et index par Georges-Matthieu de Durand (†), o.p., Gilles Pelland, s.j. et Charles Morel, s.j.

    Révision assurée par Dominique BertrandDominique Gonnet.
    ISBN : 9782204066884
    500 pages
    Une pensée originale, des pistes restées vierges après lui : Hilaire, théologien et pionnier.

    Présentation

    L'édition du traité de La Trinité s'achève avec ce tome troisième, regroupement des livres IX, X, XI et XII du grand ouvrage d'Hilaire de Poitiers. Tous contredisent la thèse arienne de l'infériorité du Fils par rapport au Père, qu'elle soit développée à partir de l'Incarnation, de la Passion, de la résurrection ou de la génération éternelle.
    Par la manière dont il aborde le mystère de la passion de l'homme-Dieu, le livre X se place un peu à part des autres. Il offre en outre un repère historique précieux, car Hilaire déclare parler du fond de l'exil, où « se trouvent la vérité et ceux qui la disent ». Or, c'est en 356, après le concile de Béziers et sous l'effet de décisions prises à l'unanimité des participants, que l'évêque de Poitiers avait dû quitter sa Gaule natale pour l'Asie mineure.
    Il n'écrit pas pour gémir sur son époque « si pénible ». Au contraire, il exulte de voir que ses propres années d'exil manifestent une prophétie relevée par saint Paul à l'intention de Timothée : à savoir la recherche, dans les derniers temps, de « maîtres à prêcher la créature plutôt que Dieu ». À force de scruter les Écritures en communiant au souffle qui les anime, Hilaire a reconnu de manière tangible l'avènement de ces « derniers temps ».
    Dans les derniers livres de son traité Hilaire a mis ses lecteurs à l'écoute du Nouveau Testament, le plus riche en révélation sur la vie trinitaire. Dans le tout dernier, il revient à l'Ancien pour s'opposer fermement à l'interprétation arienne du terme « créer » dans le verset de Prov. 8, 22 : « Le Seigneur m'a  créé comme le commencement de ses voies et en vue de ses œuvres », et pour mieux affirmer le Christ, le Fils de Dieu, aussi éternel que son Père, et Dieu lui-même.

    Le texte d'Hilaire présenté ici s'appuie sur l'édition critique donnée par Peter Smulders dans le Corpus Christianorum en 1980.
    La traduction est l'œuvre de Georges-Matthieu de Durand, qui, longtemps professeur à l'université de Montréal, a publié plusieurs volumes dans les Sources Chrétiennes. L'ont relayé dans cette tâche le P. Charles Morel, éditeur dans la même collection des Homélies sur Ézéchiel de Grégoire le Grand, et le P. Gilles Pelland, ancien recteur de l'Institut Pontifical Oriental à Rome.

    Le mot du directeur de Collection

    Contrairement à ce qui avait été annoncé au début de la publication, l'édition du grand traité d'Hilaire de Poitiers, La Trinité, s'achève avec ce tome ΙΙΙ (500 pages) qui contient les Livres IX à ΧΙΙ. Hilaire reprend et poursuit dans ces pages la réfutation de l'arianisme, entreprise dans les livres précédents. Non, de même qu'il n'y a pas de différence de nature entre le Père et le Fils (Livre VIII), le Fils n'est pas inférieur au Père (Livre IX). Les allégations des hérétiques tirées des Écritures sont infondées et vaines  : elles ne prennent pas en compte « l'économie divine », le mystère de l'Incarnation, la reconnaissance du Christ Jésus « vrai homme comme il est vrai Dieu ». Hilaire présente à son lecteur le dossier des citations scripturaires alléguées par les ariens pour défendre la thèse de l'infériorité du Fils par rapport au Père, puis, méthodiquement, il réfute leur argumentation. Chaque citation est soumise à un examen critique minutieux, chacune est l'occasion pour Hilaire, tout à la fois, d'une leçon d'exégèse et de théologie. L'un après l'autre, les arguments que les ariens croyaient pouvoir tirer de l'Écriture s'effondrent : le Père n'est pas plus grand que le Fils, le Fils ne possède pas une gloire inférieure à celle du Père, sa connaissance n'est pas moindre que la sienne, car leur unité est véritablement une unité de nature, qui ne saurait se réduire à une simple unité de volontés. La même technique de réfutation est mise en œuvre au Livre Χ pour combattre les arguments que les ariens prétendent tirer des déclarations du Christ au moment de sa Passion et de ses souffrances sur la croix, puis au Livre ΧΙ, de ses déclarations postérieures à sa Résurrection, au moment de son retour vers le Père, enfin au Livre ΧΙΙ, qui sert en sorte de couronnement à tout l'ouvrage et qui est tout entier un commentaire de ce que déclare la Sagesse personnifiée en Proverbes 8, 22-30 « Le Seigneur m'a créée comme le commencement de ses voies... », un verset que les ariens invoquent pour affirmer que le Christ n'a pas été engendré, mais créé par Dieu, que loin d'être Dieu à égalité avec le Père, il n'est qu'une créature. Le Livre ΧΙΙ s'achève par une grande prière (52-57), la troisième et la plus longue de tout le traité, après celle des Livres Ι, 37-38 et 11, 19-21 ; Hilaire y livre sa doctrine sur le Saint-Esprit en professant, en conclusion de tout l'ouvrage, la foi baptismale au Père, au Fils et à l'Esprit.
    Comme pour les deux tomes précédents, la traduction du texte d'Hilaire est celle du regretté Père G.-Μ. de Durand, revue par le Père Charles Morel, l'annotation est due au Père Gilles Pelland.

    (J.-N. Guinot, 2001)

    Jean-Noël Guinot

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