• SC 450

    Barsanuphe et Jean de Gaza

    Correspondance, II, 1
    Volume II, Aux cénobites. Tome 2, Lettres 224-398

    juin 2000

    Texte critique, notes et index par François Neyt, o.s.b., et Paula de Angelis-Noah. — Traduction par Lucien Regnault, o.s.b.

    Ouvrage publié avec le concours de l'Œuvre d'Orient.
    Révision assurée par Pierre Évieux.
    ISBN : 9782204064897
    461 pages
    L'école du discernement, ou la vitalité du monachisme palestinien au 6e siècle, à travers plus de 800 lettres.

    Présentation

    Le volume II de la Correspondance de Barsanuphe et Jean de Gaza s'adresse principalement aux cénobites qui ont choisi de se retirer au monastère de Séridos, à Thavatha, près de Gaza en Palestine.

    Les Questions et les Réponses de ce premier tome, comprenant les Lettres 224-398 nous font découvrir la vie quotidienne de ces moines : les bâtiments où ils logent, l'endroit où ils prient, le réfectoire, l'infirmerie, le lieu où ils accueillent les hôtes et les femmes pieuses ; leurs activités dans leurs cellules et en commun : travail manuel (menuisier, portier, cuisinier, infirmier, bibliothécaire, etc.) et recueillement spirituel (prières personnelles, lecture des Psaumes, des Vies et Paroles des Pères et d'autres œuvres patristiques). Nous avons aussi quelques indications sur la liturgie, sur l'importance accordée aux sacrements, aux célébrations, aux offices et aux Psaumes.

    Un groupe important de lettres s'adresse au jeune Dorothée de Gaza, qui, après la mort des deux Grands Vieillards vers 550, fondera lui-aussi un monastère et écrira pour ses disciples les célèbres Didascalies.

    François Neyt, moine du monastère saint André de Clerlande (Belgique), après une thèse sur le monachisme de Gaza, a enseigné à l'Université Nationale du Zaïre (Congo), puis à l'Université Catholique de Louvain. Il est membre de l'Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer.

    Paula Noah, après ses études à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Bologne, a publié La méditation êta de Barsanuphe de Gaza.

    Lucien Regnault, moine de l'abbaye de Solesmes (France), dont les nombreux travaux portent sur les anciens moines du Moyen-Orient, a publié aussi une édition critique des Apophtegmes.

    Le mot du directeur de Collection

    De l'abondante Correspondance des deux solitaires de Gaza, un premier volume en deux tomes (SC 426-427) a déjà été publié, en 1997 et 1998 ; il contient les lettres adressées par Barsanuphe et par Jean aux solitaires établis dans la région de Gaza, au voisinage du monastère de l'abbé Séridos, à Thavatha, et qui consultent les deux Vieillards sur des sujets en rapport étroit avec leur choix de vie et leur expérience spirituelle.

    Ce nouveau volume (SC 450), dont le second tome paraîtra en janvier 2001, contient les lettres 224 à 616, adressées aux moines menant la vie cénobitique dans le monastère de Séridos. Il est, comme le précédent, l'œuvre conjointe, pour l'établissement du texte, l'introduction et les notes, de François Neyt, moine bénédictin du monastère S. André de Clerlande (Belgique), et de Paula De Angelis-Noah de Ravenne (Italie) et, pour la traduction, de Lucien Regnault, moine de l'abbaye de Solesmes.

    L'introduction présente d'abord brièvement les correspondants des deux Vieillards : plusieurs frères, semble-t-il, n'ont fait appel à leurs conseils et à leur discernement qu'en une ou deux circonstances ; d'autres les interrogent de façon plus suivie et en attendent une véritable direction spirituelle. Ainsi a-t-on un lot important de lettres adressées à Dorothée de Gaza, à la fois par Barsanuphe et par Jean, ses guides dans la vie monastique, depuis son entrée au monastère et ses années de noviciat, puis lorsqu'il eut à remplir diverses charges, celle de portier ou d'infirmier, difficiles pour lui à concilier avec ses exigences de vie spirituelle. Mais, à part ce personnage connu, dont les Œuvres spirituelles sont éditées dans la Collection (SC 92), et quelques autres frères dont les noms ont été conservés, parce qu'ils furent plus tard abbés du monastère et successeurs de Séridos, tous les autres demeurent des anonymes, chacun pourtant avec sa personnalité et ses problèmes propres. Ce sont en réalité ceux de toute vie communautaire et probablement de toute expérience spirituelle, confrontée aux réalités les plus quotidiennes et parfois les plus mesquines, à la tentation d'un certain angélisme et à celle du découragement, à la difficulté de l'obéissance jusqu'à l'abandon de sa volonté propre, à la nécessité d'une lutte toujours à reprendre contre ses passions.

    Cet anonymat des consultants confère du même coup au recueil une portée universelle : il en devient en quelque sorte un manuel de vie quotidienne pour le moine ; non pas un ensemble de Règles, mais une collection d'expériences vécues par un frère en charge de la cuisine, de la porte ou de l'infirmerie, par un frère menuisier ou bibliothécaire, par celui qui éprouve le besoin de quitter le monastère ou celui qui est en voyage, celui qui est malade ou de tempérament angoissé, celui qui s'interroge sur le sens des Écritures ou sur des questions théologiques après la lecture d'ouvrages qu'il n'aurait peut-être pas dû lire. Bref, c'est la vie quotidienne d'un monastère palestinien, au VIe siècle, que nous fait connaître cette correspondance, mais de façon presque toute intérieure, si l'on peut dire ; ce qui explique le peu de renseignements précis qu'elle offre sur la vie matérielle de ces moines et sur leurs lieux de vie communautaire. C'est que son intérêt véritable est ailleurs : il réside notamment dans l'apprentissage par le moine, sous la conduite des deux Vieillards, d'une obéissance, qui est renoncement à sa volonté propre et soumission absolue à l'abbé, afin de se rendre capable d'accepter en tout la volonté de Dieu. Tel est l'un des piliers de l'enseignement de Barsanuphe et de Jean pour les cénobites, mis en évidence par le chapitre de l'introduction où est analysé le contenu de ces lettres. Un autre chapitre, consacré à l'étude des sources, montre combien les deux Vieillards sont nourris de la pensée d'Antoine et des Pères du désert, dont ils citent, explicitement ou non, les Apophtegmes (voir SC 387). Ils sont, avec les Écritures, leur référence première, le fondement de leur culture et de leur spiritualité, même si leur correspondance montre qu'ils connaissent aussi les écrits ascétiques de Basile de Césarée, tel ouvrage de Jean Chrysostome ou les Chapitres gnostiques d'Évagre le Pontique (SC 356), dont la lecture trouble déjà pourtant quelques moines.

    Entre le monachisme palestinien et ses sources égyptiennes les liens demeurent donc étroits, en cette première moitié du VIe siècle, d'autant qu'à l'exemple de Barsanuphe lui-même, des moines d'Égypte étaient venus nombreux s'installer dans la région de Gaza. C'est en Égypte, dans le delta du Nil, que nous ramène encore, en remontant le temps, Isidore de Péluse, dont Pierre Évieux, membre de notre équipe CNRS, édite la correspondance. Avec ce deuxième volume de Lettres (L. 1414-1700), un quart de l'œuvre seulement est désormais publié dans la Collection. C'est suffisant déjà pour en révéler l'importance et l'intérêt.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Correspondance avec Barsanuphe Aux cénobites Lettres 224-398

    Le volume II, consacré à la correspondance aux cénobites (lettres 224 à 616), comporte deux tomes. Le tome I, pourvu d’une introduction à cette section, comprend les lettres 224 à 398 :

    - 224-244 : lettre à des frères (dont 225-243 : à un frère diacre)

    - 245-251 : à deux moines

    - 252-338 : correspondance entre les deux Anciens et Dorothée, le futur abbé de Gaza

    - 339-347b : à différents moines

    - 348 : au frère de Barsanuphe

    - 349-389 : à différents frères (dont 361-372 : à un frère tracassé par ses pensées ; et 382-389 : à un pieux laïc)

    - 390 : aux moines d’un autre monastère

    - 391-398 : à un frère sur la crainte de Dieu

    Extrait(s)

    Lettre 260 (p. 249)

     

    Réponse de Barsanuphe aux interrogations d’un jeune moine

     

    Ce que je t’ai dit, que sans les prières des saints, tu n’aurais pas fait une année au monastère, je te l’ai dit des moines. En effet ils ne sont pas tous moines, ceux qui sont dans les monastères mais seulement qui­ conque fait I’œuvre du moine. Car il est écrit « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent: ‘Seigneur, Seigneur’ qui entreront dans le royaume des cieux, mais quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » Et malheureux, tu interroges et tu ne tiens pas. Puis tu interroges de nouveau et tu rapportes aux autres ce que je t’ai dit par vaine gloire, pour plaire aux hommes, et tu es empêché ainsi de progresser rapidement. C est pour cela aussi que tu es tenté durant ton sommeil et que le démon vient te tenailler. Dieu le permet, afin que tu apprennes à t’accuser toi­ même comme un moine, et tu ne t’en rends pas compte, frère. C’est pour nous le temps de chercher à connaître nos passions, de pleurer et d’avoir de la componction. Et lorsque tu te tiens dans ta cellule en proie à l’agitation, accuse-toi en tout, frère, et jette ton impuissance devant Dieu ; il t’aidera et te fortifiera, afin que tu progresses en lui. Amen.

    Lettre 385 (p. 429-431)

    Un échange avec un pieux laïc

    « ‘Que demandent les Pères lorsqu’on leur demande de prier pour une tentation ? Demandent-ils la délivrance de la passion ou ce qui est avantageux ?’ (…)

    Réponse de Jean : ‘Frère, parce que nous sommes des fainéants, moi et toi, nous négligeons nos passions et nous demandons une chose pour une autre. (…) Les Pères, les parfaits, demandent que Dieu fasse à chacun ce qui lui est profitable. Si donc cela lui est avantageux, Dieu le laisse en proie à la passion pour lui apprendre l’endurance. S’il lui est avantageux d’être délivré de la passion, il l’en fait délivrer. (…) Frère, que Dieu te pardonne ta niaiserie !’ »

    Errata

    Page

    Localisation

    Texte concerné

    Correction

    Remarques

    112

    n. 3

    p. 00

     

    Erreur dans la référence.

    113

    n. 1

    B. FLUSIN

     

    Manque une majuscule plus grande au début du nom propre.

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