• SC 418

    Sozomène

    Histoire ecclésiastique, tome II
    Livres III-IV

    novembre 1996

    Texte grec de l'édition J. Bidez – G.C. Hansen (GCS). — Introduction et annotation par Guy Sabbah. — Traduction par † André-Jean Festugière, o.p., revue par Bernard Grillet.

    ISBN : 9782204056175
    395 pages
    De la conversion de l'empereur Constantin en 324 au règne de Théodose II en 439, une nouvelle « histoire ecclésiastique ».

    Présentation

    Ce volume fait suite au n° 306, et poursuit la publication de l'Histoire Ecclésiastique de Sozomène, écrite entre 440 et 450. Cette Histoire constitue l'une de nos principales sources de renseignements sur l'arianisme. Les livres III et IV publiés ici couvrent la période qui va de 337 à 360, c'est-à-dire de la mort de Constantin à celle de Constance II. C'est la période la plus chargée en synodes, symboles de foi et événements liés au développement de l'arianisme et aux divisions de ses partisans ou de ses adversaires. La traduction est accompagnée d'une abondante annotation. À la fin ont été ajoutés des tableaux récapitulatifs, un index topographique, un index prosopographique et une carte des évêchés qui recouvrent les livres I à IV. Le lecteur dispose donc, avec ce volume, d'un bon guide pour se repérer à travers une période essentielle et complexe de l'histoire du christianisme.

    La traduction, comme dans le précédent volume, est l'œuvre du P. A.-J. Festugière, o.p. (†1982), révisée par B. Grillet (Université Lumière-Lyon 2). L'introduction et l'annotation sont dues à G. Sabbah (Université Lumière-Lyon 2).

    Le mot du directeur de Collection

    Ce deuxième volume de l'Histoire ecclésiastique de Sozomène (SC 418) présente les Livres III et IV, comme les deux premiers (SC 306), dans la traduction du Père André-Jean Festugière revue par Bernard Grillet, avec une introduction et des notes de Guy Sabbah. Ils couvrent la période qui va de la mort de l'empereur Constantin (337) à celle de l'empereur Constance (360). Nul doute que ce second volume, fort attendu de tous ceux qui, à des titres divers, s'intéressent à l'histoire des premiers siècles chrétiens, et notamment à celle de l'arianisme, rencontre un accueil très favorable et fasse souhaiter encore plus vivement que la publication des cinq derniers Livres de cette Histoire ne soit pas trop longtemps différée.
    Outre une annotation abondante, on trouvera dans ce volume un index topographique, un index prosopographique et divers tableaux récapitulatifs concernant les quatre premiers Livres.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Histoire ecclésiastique, Livres III-IV

    Les livres III et IV couvrent l’histoire de l’église sous le règne des fils de Constantin : Constantin II, Constant, Constance (337-361), et restent centrés sur la crise arienne, tout en articulant tant bien que mal événements politiques et événements religieux. Le livre III met en avant deux grandes figures d’évêques antiariens et leurs déboires : Paul de Constantinople et Athanase d’Alexandrie, en butte au pouvoir et à des rivaux antinicéens qu’on veut mettre à leur place. Il montre aussi le rôle important joué par l’évêque de Rome, Jules, qui intervient dans les affaires d’Orient. Sozomène se perd parfois dans l’exposé de cette période complexe où personnes et tendances s’opposent, où des conciles se contredisent. Au milieu du livre un chapitre (14) est consacré aux figures monastiques d’égypte, Palestine et Mésopotamie. Le livre s’achève avec la réhabilitation d’Athanase, le retour de plusieurs nicéens exilés et l’impression d’un répit, en 360, dans la crise arienne.

    Le livre IV commence avec le meurtre de l’empereur Constant en 350, le règne sans partage de Constance et sa reprise des hostilités contre Athanase. Les événements politiques du règne s’entrecroisent avec le récit de la crise arienne, Constance intervenant beaucoup dans les affaires de l’église. Les affrontements entre évêques, entre tendances, les conciles se multiplient, l’exposé de Sozomène semble moins structuré. Figures et événements se bousculent : hérésie de Photin de Sirmium, concile de Milan, exil d’Athanase, de Libère de Rome, hérésie d’Aèce et d’Eudoxe, concile de Rimini, de Séleucie, déchéance puis décès de Macédonius de Constantinople, non sans avoir lancé une hérésie sur le Saint-Esprit, schisme à Antioche, troubles sur le siège de Jérusalem… Le livre IV s’achève, au rebours du III, sur l’impression d’une recrudescence de l’offensive arienne.

    Extrait(s)

    p. 135-139

    38. Les Thraces, les Illyriens et tous ceux qui habitent ce qu’on appelle l’Europe, bien qu’ils fussent encore ignorants des communautés monastiques, n’étaient pas cependant totalement dépourvus d’ascètes. Chez eux se faisait alors connaître Martin, qui, né d’une famille distinguée de Sabaria en Pannonie, avait d’abord servi brillamment dans l’armée et était devenu commandant d’un syntagma. Puis, mettant au-dessus de tout le service de Dieu, il avait poursuivi la vie d’ascèse. 39. Il avait vécu d’abord en Illyrie. Comme, luttant vigoureusement pour le dogme, il avait surpris certains des évêques du lieu en flagrant délit d’arianisme, il avait été victime de complots, souvent frappé en public, et il avait été chassé. Arrivé à Milan, il y avait vécu à part. Mais il avait dû s’en retirer, victime d’un complot de la part d’Auxence, évêque du lieu, qui lui non plus ne pensait pas juste touchant la foi des pères réunis à Nicée.
    40. Pendant quelques temps il avait habité une île, nommée Gallinaria, se contentant de racines de plantes : c’est une île petite et inhabitée, située dans la mer Tyrrhénienne. Plus tard, il se vit confier l’évêché de l’Église de Tours. Il atteignit à de tels pouvoirs thaumaturgiques, dit la tradition, qu’il ressuscita un mort, croit-on, et opéra d’autres miracles qui ne le cèdent pas à ceux des Apôtres.

    (HE IV, 9, 8-10), SC 418, p. 223-225

    « L’été arriva un autre messager de l’empereur et, avec l’aide des magistrats, il pressait Athanase de sortir de la ville et fit une rude guerre au clergé. Mais comme le peuple de l’église avait repris courage, quand il vit la foule rangée pour se battre, il s’en alla lui aussi sans avoir rien obtenu. Peu de temps s’étant écoulé, on fit venir à Alexandrie d’Egypte et de Libye les corps de troupes que les Romains nomment légions. Et sur la dénonciation qu’Athanase était caché à l’église dite de Théonas, le duc des troupes d’Egypte, ayant pris avec lui des soldats, brisa inopinément à une heure indue les portes de l’église et y entra ; mais, bien qu’il eût cherché de tout côté, il ne trouva pas Athanase à l’intérieur. On dit en effet que, de même qu’il avait souvent, sur des indications divines, échappé à bien d’autres périls, Dieu lui avait révélé aussi à l’avance cette attaque ; il était à peine sorti que les soldats occupèrent les portes de l’église, ayant manqué de très peu de le prendre. »

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