• SC 390

    Bernard de Clairvaux

    À la louange de la Vierge Mère

    ŒUVRES COMPLÈTES XX
    juillet 2013

    Texte latin des S. Bernardi Opera par J. Leclercq, H. Rochais et Ch.-H. Talbot. — Introduction, traduction, notes et index par Marie-Imelda Huille, o.c.s.o. et Joël Regnard, o.c.s.o.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
    ISBN : 9782204090728
    261 pages
    Les plus belles pages mariales du Moyen Âge, écrites par le « dernier des Pères » (au XIIe s.).

    Présentation

    Bernard, jeune abbé, est malade.
    Avec son enthousiasme natif, il chante les louanges de la Mère de Dieu en commentant librement le récit de l'Annonciation. Dans ces homélies soigneusement écrites pour que le texte en soit diffusé, il reconnaît en Marie les qualités de la vie monastique. À Marie, il attribue même un vœu secret de virginité que Dieu respecte tout en lui donnant la maternité. Ainsi, Dieu répond-il à son désir humble et attend-il le consentement libre et actif de sa foi. Mais elle est avant tout la Theotokos, la Mère de Dieu célébrée au Concile d'Éphèse, celle dont la gloire est d'être en une si grande proximité de Dieu que Dieu est en elle encore plus proche de nous. Elle est à « l'ombre » de la présence physique du Verbe, elle qui était déjà remplie de son Esprit.
    Le génie de Bernard est de tirer de la Bible la matière de ses homélies comme le « miel du rocher » : la prière s'en nourrit familièrement.
    Cette édition fournit des éléments renouvelés d'appréciation sur les sources bibliques et patristiques de saint Bernard et sur sa théologie mariale.

    La sœur Marie-Imelda Huille est moniale de l’abbaye Notre-Dame d’Igny.
    Le frère Joël Regnard est moine de l’abbaye Notre-Dame de Cîteaux.

    Le mot du directeur de Collection

    Comment, en lisant l'interprétation de ce même épisode biblique dans l'une des homélies (Hom. II, 7) que Bernard de Clairvaux consacre À la louange de la Vierge Mère, ne pas voir en lui l'héritier des Pères, si pénétré de leur pensée qu'il sait bien qu'on l'accusera de faire œuvre inutile ou d'être présomptueux, quand il entreprend de commenter après eux le début de l'Évangile de Luc ? À la différence de celles d'Origène, ces homélies n'ont jamais été prononcées : c'est un simple artifice littéraire. Cela n'enlève rien à la sincérité et à la chaleur du propos : c'est une œuvre qui part du cœur, une œuvre de jeunesse, dans laquelle Bernard, contraint par la maladie à prendre un peu de repos, entend seulement « donner libre cours à sa dévotion personnelle ». Cette œuvre, dont la diffusion fut immédiatement très large, contribua grandement à faire de Bernard le docteur marial par excellence. Sa manière de commenter l'Écriture reste celle des Pères : comme pour Origène, les noms propres ont pour lui un sens caché qui nous introduit dans son mystère. Célébrer les louanges de la Vierge Mère, en effet, c'est peut-être avant tout pour Bernard une manière de méditer sur le mystère de l'Incarnation et de l'Église. Marie a vécu une expérience unique en accueillant le Verbe dans sa chair, en permettant l'incarnation du divin dans l'humain, qui à sa manière attend et accueille le Verbe. Elle est enfin le modèle de toute expérience chrétienne, car pour Bernard toute âme est appelée à « devenir vierge féconde » et à permettre une incarnation du Verbe.
    Cette édition, que nous devons à une moniale et à un moine cisterciens, M.-I. Huille et J. Regnard, entre dans le cadre de la publication des œuvres complètes de S. Bernard.

    Jean-Noël Guinot

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Seules œuvres que Bernard ait composées de sa propre initiative, ces homélies d’inspiration biblique et patristique sur le début de l’Évangile de Luc n’ont en réalité jamais été prononcées. Œuvres de jeunesse, écrites au plus tard en 1125, elles ont connu immédiatement une diffusion très large et contribuèrent grandement à faire de Bernard le docteur marial par excellence. Elles sont parmi les œuvres de Bernard qui ont été le plus copiées. Il n’en reste pas moins de 78 manuscrits du XIIe siècle et du début du XIIIe. Elles ont une tradition manuscrite propre qui atteste trois rédactions successives. L’édition SC reprend celle des Sancti Bernardi Opera en lui apportant quelques corrections listées p. 98.

    Célébrer la Vierge est peut-être avant tout pour Bernard une manière de méditer sur le mystère de l’Incarnation, lieu de médiation par excellence de Marie, et sur celui de l’Église. En accueillant le Verbe dans sa chair, Marie a vécu une expérience unique et permit l’incarnation de la divinité dans l’humanité qui, à sa manière, attend et accueille le Verbe. Aussi est-elle le modèle de toute expérience chrétienne, toute âme étant appelée pour Bernard à « devenir vierge féconde » et à permettre une incarnation du Verbe divin.

    L’Homélie 1 commente Lc 1, 26. L’Incarnation est un événement qui s’actualise ; Marie est un modèle d’humilité et de pureté.

    L’Homélie 2 commente Lc 1, 27 et Mt 1, 18-19. La mission propre de Marie dans le dessein du salut : être médiatrice entre le Christ et les hommes. L’Incarnation est condensation de Dieu dans la faiblesse humaine. Elle atteste de la douceur de Dieu envers sa création.

    L’Homélie 3 commente Lc 1, 28-32. La prière de Marie est agréable à Dieu. Vierge et féconde, elle est un modèle par son intercession.

    L’Homélie 4 commente Lc 1, 33-38. L’avènement d’une nouvelle économie spirituelle. Le mystère de l’Incarnation, le rôle de l’Esprit saint et du Verbe, celui de Marie, le consentement libre.

    Extrait(s)

    p. 229

    (…) Aussi réponds vite à l’Ange, ou plutôt par l’Ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole ; dis la tienne et conçois celle de Dieu ; prononce une parole éphémère et embrasse la Parole éternelle. Pourquoi tarder ? Pourquoi craindre ? Crois, rends grâce, et accueille. Que l’humilité s’enhardisse, que la modestie se rassure. Il ne convient pas du tout maintenant que la simplicité virginale oublie la prudence. En cette seule affaire, que la Vierge prudente ne craigne pas la présomption, car si la modestie fut agréable en son silence, au rebours, c’est la tendresse qui est bien plus nécessaire en sa parole. Ô Vierge bienheureuse, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres à la reconnaissance, ton sein au Créateur. Voici que le Désiré de toutes les nations est dehors et frappe à la porte. Oh ! si, tandis que tu tardes, il allait s’en aller, et que tu te mettes à chercher clans les larmes celui que ton cœur aime ! Lève-toi, cours, ouvre-lui ! Lève-toi par ta foi, cours par ta ferveur, ouvre-lui par ton engagement.

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