• SC 330

    Césaire d’Arles

    Sermons au peuple, tome III
    (Sermons 56-80)

    septembre 1986

    Traduction, notes et index par Marie-José Delage.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres.
    ISBN : 9782204026260
    318 pages
    La vie quotidienne d'un chrétien en Provence au 6e siècle, à travers 80 sermons pastoraux.

    Présentation

    C'est à toutes les paroisses de son diocèse que Césaire d'Arles envoyait des recueils de ses sermons, soucieux qu'il était de faire fructifier la loi chrétienne parmi des populations encore imprégnées de paganisme et soumises aux malheurs de la guerre.
    Avec la parution de ce tome III s'achève la publication d'un premier ensemble. D'autres suivront, mais déjà nous trouvons là tout ce que l'évêque tenait pour essentiel ; les croyances de l'Église, impliquant le sérieux de l'engagement baptismal (tome I) ; ses exigences morales, dont le rigorisme n'entache pas l'idéal évangélique de miséricorde (tome II) ; enfin, ici-même, les efforts pastoraux déployés pour aider les hommes pécheurs à se dégager du mal par la pénitence et la prière commune afin de parvenir en paix aux portes de la mort.
    Tous ces exposés dogmatiques, tous ces conseils pratiques se situent concrètement dans la Gaule tourmentée du VIe siècle.

    Marie-José Delage, après avoir été à Paris l'élève de l'historien Henri Marrou, enseigne la littérature française dans une université américaine (Smith College, MA), où elle poursuit ses recherches sur les origines chrétiennes en Gaule.

    Œuvre(s) contenue(s) dans ce volume

    Sermons 56-80

    Le SC 330 contient les Sermons au peuple, ou Admonitiones, 56 à 80. Une première série de monitions, importante, concerne la pénitence et le secours qu’elle offre au pécheur jusqu’à l’approche de la mort, avant le jour du Jugement (Serm. 56-71) ; d’autres sont des invitations très concrètes adressées aux fidèles pour qu’ils adoptent une attitude de respect et s’appliquent à la prière lors de la célébration de la messe (Serm. 72-80) – et pour qu’ils évitent de partir avant la fin.

    La majorité de ces sermons, des compositions originales, donnent de saisir le style et la tonalité propre à Césaire ; pour les autres, une étude attentive de l’apparat des sources permet d’apprécier le travail d’adaptation que l’évêque d’Arles a fait de ses prédécesseurs, des œuvres attribuées à Fauste de Riez et à Quodvultdeus principalement dans ce volume.

    Seul le Sermon 70 est ancré dans un contexte historique identifiable. Il brosse un tableau sinistre des horreurs de la guerre : sans doute rappelle-t-il le siège d’Arles de 507-508, encore assez proche.

    Enfin, les index des trois volumes des Sermons au peuple (1-80) se trouvent dans ce tome : index des citations scripturaires, des auteurs anciens et des manuscrits, ainsi qu’une liste d’Errata dans le tome I.

    Extrait(s)

    Sermon 73, 2-3, SC 330, p. 193-195

    Si vous faites soigneusement attention, vous reconnaîtrez que la messe n’a pas lieu au moment où on lit les lectures divines dans l’église, mais lors de l’offrande des dons et de la consécration du corps et du sang du Seigneur. Car les lectures, qu’elles soient prophétiques, apostoliques ou évangéliques, vous pouvez aussi les lire chez vous ou écouter les autres les lire ; mais la consécration du corps et du sang du Christ, c’est seulement dans la maison de Dieu que vous pouvez l’entendre et la voir. […]

    En effet, lorsque la plus grande partie du peuple, pire encore, presque tout le monde sort de l’église après les lectures, à qui le prêtre dira-t-il : « Haut les cœurs » ? Ou comment répondre qu’on a le cœur en haut quand on descend en bas, sur les places, à la fois de corps et de cœur ? […]

    Et cependant de telles gens, si un roi ou quelque puissant personnage les avait invités à dîner, je voudrais bien savoir s’ils oseraient partir avant que le repas ne soit entièrement terminé ; même si la personne ne les retenait pas, leur gourmandise les retiendrait. Pourquoi ne quittons-nous pas le banquet offert par un homme, avant qu’il ne soit complètement achevé, si ce n’est parce que nous voulons remplir notre ventre, peut-être plus qu’il ne convient, et aussi que nous avons peur d’offenser un homme ? Pourquoi quittons-nous si vite le banquet spirituel et divin ? Je crains de le dire de peur d’irriter, peut-être, certains, mais néanmoins, tant à cause de mon propre péril que du vôtre, je vais le dire : nous agissons ainsi parce que nous n’avons cure de la nourriture de l’âme, et que nous ne craignons pas Dieu, et que nous ne respectons pas l’homme.

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